Navigation

Migros - M comme Meilleur.

La durabilité:

nous ne faisons pas qu’en parler, nous agissons. En savoir plus!

Palpitations et extrasystoles

Quand le cœur fait des faux bonds

Notre myocarde n’est pas une horloge neuchâteloise, il a le droit de commettre quelques irrégularités sans qu’on soit au bord de l’infarctus. Souvent bénignes, les palpitations et extrasystoles ont le don d’angoisser.

Texte Isabelle Kottelat
Photos Getty Images/Sophie Blackall
FM15-CH-079-A_KEY

Notre myocarde n’est pas d'une précision infaillible.

Isabelle a l’impression que son cœur trébuche sur un coup et repart à contretemps, celui de Patricia «vrille», quelques secondes, comme s’il ne se rattrapait pas. Des sensations qui font flipper ces deux femmes, la petite quarantaine, qui ont déjà atterri aux urgences, persuadées de friser l’attaque cardiaque.

«Les consultations pour des plaintes de palpitations sont en légère augmentation chez les moins de 50 ans, constate François Mach, professeur responsable du service de cardiologie des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Un phénomène parfois lié, selon lui, à la consommation de «toxiques» comme le cannabis ou d’excitants moins illégaux mais pris en trop grande quantité, tels que ceux que l’on trouve dans les boissons énergisantes ou simplement le café et le thé.

Palpitations, le terme englobe un ensemble de symptômes désagréables perçus par une personne lorsque son cœur bat trop vite, trop lentement ou de manière irrégulière. Les ratés du cœur, extrasystoles en langage médical, sont des coups supplémentaires très rapprochés que le cœur fait entre deux battements, suivis d’une pause. Ils sont bénins dans 90% des cas, chez des personnes saines, relève François Mach. On en a tous, mais certains ne les sentent pas. On parle plus particulièrement d’arythmie quand ces extrasystoles se répètent sur plusieurs secondes voire plusieurs minutes. Là encore, ça ne signifie pas que ce soit grave, même si le spécialiste cherchera à exclure d’autres problèmes pour l’affirmer.

«Une personne peut avoir 50 000 extrasystoles par jour, soit un battement sur deux, et ne rien risquer du tout tandis que chez d’autres (avec une atteinte cardiaque sous-jacente le plus souvent, comme un infarctus), les extrasystoles peuvent être liées à un mauvais pronostic», complète Etienne Delacrétaz, professeur et spécialiste en cardiologie à la clinique Cecil. «Il faut donc, au départ, savoir si elles se manifestent sur un cœur normal, après examen chez le médecin, électrocardiogramme, échographie cardiaque et éventuellement d’autres tests.»

«Si elles surviennent de plus en plus fréquemment ou qu’elles durent de plus en plus longtemps, ça vaut la peine d’effectuer un monitoring, totalement indolore, non invasif et banal», ajoute François Mach. On pose sur la poitrine un petit appareil qui enregistre l’activité du cœur durant vingt-quatre heures (Holter) ou une semaine (R-Test). Histoire d’attraper ces ratés et de voir desquels il s’agit. Les extrasystoles supra-ventriculaires, donc provenant des oreillettes du cœur, sont toujours bénignes, explique François Mach. Si elles viennent des ventricules, gauche ou droit, c’est plus ennuyeux. «Jusqu’à 5 à 10 par heure, c’est encore considéré comme normal. Au-delà, tous les 3-4 battements, c’est-à-dire des milliers par jour, le risque c’est qu’elles soient doubles, triples ou qu’elles aboutissent à de la tachycardie ventriculaire. Il faut alors, et c’est possible, la traiter.» Avec des médicaments ou une technique qui consiste à entrer un petit cathéter dans le cœur, reproduire la tachycardie et la brûler. Elle ne reviendra plus.

Thé, café, tabac et alcool favorisent les extrasystoles

Dans le cas d’extrasystoles bénignes, s’il n’y a aucun souci à avoir, il n’y a pas grand-chose à faire non plus. Si ce n’est vivre avec et diminuer sa consommation de thé, de café, de cigarettes ou d’alcool qui favorisent leur survenue. Tout comme le manque de sommeil. Souvent, les extrasystoles bénignes disparaissent d’elles-mêmes, aussi soudainement qu’elles sont arrivées.

Toutefois, nombreux sont les patients qui restent inquiets même quand le médecin les a rassurés. Pour preuve, les échanges sur des forums internet liés à la santé. La prise de magnésium peut aider, voire de bêtabloquants qui diminuent la survenue et la durée des ratés. L’activité physique apporte aussi son bénéfice. Une demi-heure de marche rapide (il faut transpirer), trois fois par semaine, suffit à abaisser le rythme cardiaque général, remontant aussi par-là le seuil d’apparition de ces angoissants ratés.

Le paradoxe des grands sportifs

Le sport est bon pour la santé, mais pratiqué à haute dose, il peut aussi provoquer des palpitations. «Chez les jeunes patients qui font trop de course à pied, de cyclisme ou d’aviron, leur rythme cardiaque devient tellement lent (35 à 40 pulsations par minute) qu’il favorise paradoxalement l’apparition d’arythmies bénignes», explique François Mach, lui-même marathonien. «Ces symptômes sont d’autant plus mal supportés chez les sportifs. Mais la plupart du temps, il n’y a rien à faire. Parfois, on peut les traiter avec des médicaments ou une petite intervention qui consiste à introduire un cathéter jusque dans le cœur pour enlever le petit court-circuit qui provoque ces arythmies.»

Exclure un problème de thyroïde

Les palpitations peuvent aussi être l’unique symptôme d’un problème qui a plutôt à voir avec la thyroïde. Ou quand cette glande située sous le menton et responsable de la sécrétion d’hormones se met en surrégime. Il s’agit généralement de personnes qui ont plutôt chaud et qui perdent du poids bien qu’elles mangent beaucoup, avec des tremblements et un rythme cardiaque élevé au repos, de 100 pulsations à la minute, selon François Mach. Le problème thyroïdien se contrôle facilement avec une prise de sang. Le plus souvent lié aux femmes, il est souvent banal, assure le professeur.

Plus d'articles