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Bonnes nouvelles

2020, c'est aussi...

L’année qui vient de s’écouler ne manque pas d’événements marquants. Si une ambiance pandémique a largement ombragé ce millésime, de nombreuses fleurs ont poussé dans ce drôle de terreau.

Texte Nadia Barth, Patricia Brambilla, Véronique Kipfer, Laurent Nicolet, Alain Portner, Pierre Wuthrich
Mains

En 2020, les Suisses ont appris à se laver les mains (photo: Getty Images).

… Du miel qui coule à flots

C’est l’année de tous les records pour ce délicieux nectar, avec 30 kilos de récolte par colonie en moyenne. C’est plus du double de l’année ­passée. Autant dire que les abeilles n’ont pas chômé en 2020. La raison? La météo. En effet, avec un temps radieux en février et mars, les ­colonies d’abeilles se sont très bien développées, et avec l’abondance de fleurs écloses, les ­butineuses s’en sont donné à cœur joie!

… L’échappée belle du vélo

Au rayon cycle, on rigole! La pandémie a fait -exploser les ventes de biclous, en particulier d’e-bikes. Interrogé par un journaliste du magazine Le Point, le PDG d’une firme française de vente en ligne dédiée au cyclisme a même osé cette comparaison: «Aujourd’hui, le vélo est devenu le papier-toilette de l’après-confinement. Tout le monde se l’arrache!» Même tendance en Suisse où «SportXX», par exemple, avait triplé ses ventes durant les semaines suivant le début du semi-confinement. «L’utilisation du vélo a augmenté dans toute la Suisse depuis ce -printemps et elle a même presque triplé dans -certaines villes, comme l’a montré une étude de l’EPFZ», confirme Juerg Haener, de Pro Velo. 

… Un catalyseur de créativité

Dès le début de la pandémie, de nombreux psychologues ont souligné l’impact positif que pouvait avoir cette situation de crise. Le sentiment d’urgence qu’elle provoque nous pousse en effet à nous réinventer et à trouver des idées nouvelles pour répondre à l’exceptionnel. Résultat: des sketchs humoristiques et des astuces originales à foison, qui nous ont permis de rire, relativiser et communiquer avec nos proches en leur transmettant diverses perles créatives. L’une d’entre elles est toujours aussi prisée du public: un jeu familial gratuit à imprimer, intitulé «Codroïd-19», qui permet de mieux comprendre et expliquer, de manière intelligente et ludique, le phénomène de propagation du virus.
À découvrir sur: codroid19.org

Amandine Rapin

Amandine Rapin (photo Anoush Abrar).

… De la musique au balcon

Concerts gratuits en ligne, rendez-vous musicaux improvisés… Bien que sévèrement touchés par la crise du Covid, les artistes ont redoublé d’énergie et d’imagination pour remonter notre moral en berne. Parmi eux, la chanteuse lausannoise Amandine Rapin, qui a elle aussi pris le micro ce printemps pour divertir les gens. «J’avais envie d’égayer mon quartier, lance celle qui s’est fait notamment connaître grâce à l’émission The Voice. J’ai alors décidé de donner rendez-vous à mes voisins pour un concert depuis mon balcon.» Accompagnée de son guitariste, Sacha Unger, elle chante des reprises mais aussi ses propres compositions. «Les gens qui passaient par là s’arrêtaient pour écouter, tout en restant dispersés.

C’était très sympa, mais après quarante-cinq minutes, la police a débarqué parce que ma concierge m’avait dénoncée.» Heureusement, l’artiste ne reçoit aucune sanction, mais, malgré les demandes enthousiastes de ses voisins, elle ne reproduit pas l’expérience. La Lausannoise tente alors de faire de la musique en direct sur les réseaux sociaux: «J’ai fait cela deux ou trois fois, mais j’ai de la peine à chanter face à un écran. Moi, ce que j’aime, c’est voir les visages, les sourires, sentir les gens, vibrer ensemble» 

Celle qui se réjouit de retrouver «le sol collant des salles de concert» n’a néanmoins pas encore de représentations programmées pour l’année prochaine, mais un clip et un EP sont prévus. Alors Amandine, si vous aviez une baguette magique, que souhaiteriez-vous pour 2021? «Que les gens achètent davantage de musique suisse et qu’il y ait davantage de solidarité et de soutiens aux arts quels qu’ils soient.»

… La fondue qui est sauvée!

À l’heure où il faut renoncer aux grandes embrassades et aux réunions de famille, l’un de nos emblèmes fait de la résistance! C’est officiel, la fondue peut être partagée et dégustée sans craintes puisqu’elle est covido-compatible. Mais attention tout de même: tous les fromages ne se valent pas. Et pour une fois, cela n’a rien à voir avec des rivalités régionales mais avec… la température de cuisson. En effet, le gène pathogène du Covid est tué à 50 degrés. Il faut donc préférer les fondues telles que celle au gruyère, cuite à 80 degrés, plutôt que celle au vacherin qui se prépare à une température de 50-55 degrés. 

… Un millésime prometteur

Le chiffre promet de rester sinistre, sauf accolé sur une bouteille: il semble en effet que la qualité soit au rendez-vous des crus 2020. Avec du beau temps depuis mi-mars, un printemps aux températures élevées, un été chaud mais pas trop pluvieux, une vigne peu affectée par les maladies, ce sont des fruits riches en sucres, sains et mûrs qui ont été récoltés lors de vendanges très précoces. «Un vrai plaisir de voir une aussi bonne qualité de raisin», a commenté en Valais Yvan Aymon, président de l’Interprofession de la vigne et du vin. «On va vers un tout grand millésime», a renchéri François Montet, président de la Fédération vaudoise des vignerons. Même optimisme en dégus-tation, comme le résume Didier Fage, président des œnologues de France: «une belle tenue, un jus très aromatique et un potentiel très élevé».

… Des gazouillis plus sexy

Comme il y avait moins de trafic motorisé et de bruit durant le confinement, les oiseaux des villes n’ont plus eu besoin de s’égosiller pour se faire entendre et ont donc mieux chanté qu’à l’accoutumée. C’est ce qui ressort d’une étude publiée en septembre dans la revue Science. Les chercheurs fondent leur hypothèse sur la comparaison d’enregistrements effectués dans la baie de San Francisco avant (en 2015 et 2016) et pendant la pandémie. Ces scientifiques se sont tout particulièrement focalisés sur le gazouillis des bruants à couronne blanche, et voici ce qu’ils en disent: «Leurs chants sonnaient mieux, plus ‹sexy›. Ils étaient de meilleurs concurrents et de meilleurs partis aux yeux des femelles.»

… Deux nouvelles espèces  

On parle toujours de la disparition des espèces, mais il arrive que l’on en découvre aussi de nouvelles! C’est le cas en 2020, qui a vu s’enrichir la liste entomologique d’un papillon de nuit inédit: Nemapogon helveticola. Un minuscule lépidoptère, 10 mm ailes ouvertes, qui affectionne les bois humides du Mont Vully (FR). Au niveau botanique, on a également décrit pour la première fois en Suisse l’androsace des Alpes (Androsace albimontana), à distinguer de sa cousine pubescente. Une jolie primevère qui pousse exclusivement sur les massifs siliceux.

Marche en forêt

Les Suisses ont redécouvert la marche et la nature (photo: DR).

… Le retour à la nature

Andreas Boldt, chef de projet «Activités de loisirs et protection de la nature» chez Pro Natura, souligne que la population suisse a redécouvert à quel point la nature, même proche, est nécessaire pour se ressourcer.

Andreas Boldt, les Suisses se sont-ils vraiment promenés près de chez eux cette année?

Oui, l’augmentation de fréquentation dans la nature facilement accessible a été nette durant la pandémie. Elle a d’ailleurs donné quelques sueurs froides aux personnes chargées de gérer la protection des sites. La capacité de certains lieux a même été parfois dépassée, mais c’étaient des cas ponctuels. 

Quels ont été les lieux naturels les plus recherchés? 

Globalement, tous les types de milieux naturels ont été visités plus que la moyenne en 2020, en particulier les rivières, lacs et forêts. Les lacs et les rivières ont toujours été une destination populaire. Cependant, il existe également de nombreux habitats sensibles et réserves protégées le long des eaux, et ces zones ont été fortement atteintes cette année. Par ailleurs, pour beaucoup, la forêt est le lieu naturel le plus proche de leur habitation. Pendant la pandémie, c’était le seul moyen pour de nombreuses personnes de sortir et de se détendre. Il y a ainsi eu cette année plus de gens dans la plupart des forêts, en particulier sur le Plateau. Et de nouveaux groupes de population que l’on y trouve rarement, par exemple les jeunes, s’y sont rendus.

Comment les gens s’y sont-ils déplacés?

C’est difficile à dire, car tous les modes de -transport ont pris une importance spectaculaire. Le nombre de vélos et vélos électriques vendus et loués a considérablement augmenté. Celui des piétons est plus difficile à évaluer, mais dans les réserves protégées, où les visiteurs sont comptés, les chiffres ont crû fortement: dans la forêt d’Aletsch, par exemple, on compte 50% de personnes en plus sur les chemins qu’en 2019. Le trafic automobile a aussi augmenté de manière significative dans de nombreux sites, dont les régions reculées des Alpes et du Jura.

Quelles ont été les activités les plus prisées?

Selon les statistiques de l’Office fédéral du sport, les cinq sports les plus courants restent la randonnée pédestre et la randonnée en montagne, le cyclisme hors VTT, la natation, le ski hors randonnée et le jogging. Dans ces statistiques, diverses autres activités ne sont pas indiquées. Cela comprend la marche avec les chiens, les feux de barbecue, les pique-niques, le camping, les fêtes en plein air, etc.

… Le rebond du tennis suisse

Avec un Roger Federer qui aura 40 ans en 2021 et qui soigne son genou et un Stan Wawrinka qui ne s’est pas qualifié pour le Masters cette année, les fans suisses de tennis pouvaient craindre des années de disette. Jusqu’à l’édition 2020 de Roland-Garros, où l’on a découvert deux juniors suisses en finale. Dominic Stricker et Leandro Riedi ont 18 ans. Le premier est Bernois, son compère est Zurichois. L’un est gaucher, l’autre droitier. C’était la première fois que deux Suisses se retrouvaient opposés en finale d’un Grand Chelem en simple junior. C’était leur dixième affrontement. Dominic Stricker, qui avait perdu les neuf premiers, a gagné la finale, puis il a empoché le titre en double. Ils se retrouveront bientôt chez les grands, pour le plus grand bonheur des fans suisses.

… Des voleurs au chômage 

Le confinement, tout anxiogène et liberticide qu’il est, aura quand même réservé de bonnes surprises. Les cambriolages, par exemple, qui ont «nettement reculé», comme l’a assuré Mark Burkhard, président de la Conférence des commandants des polices cantonales. Avec en effet davantage de gens chez eux, à télétravailler ou à tourner en rond, la tâche des monte-en-l’air s’est révélée plus compliquée. Sans compter que pour ces travailleurs impactés par la crise, le bon Guy Parmelin n’a prévu aucune mesure compensatoire. 

… L'opération mains propres

Avouons-le: jusqu’au début de cette année, se laver les mains consistait – au mieux – en un bref passage sous une eau vaguement savonneuse. Depuis l’arrivée du Sars-Cov-2, les choses ont heureusement changé. Et nous voilà, plusieurs fois par jour, occupés à frotter entre nos doigts, astiquer autour de nos pouces, frictionner nos paumes, briquer sous nos ongles – le tout durant vingt longues secondes. Ne reste plus qu’à espérer qu’une fois la pandémie passée, nous continuerons de nous montrer consciencieux. Car bien se laver les mains permet de détruire les virus certes, mais aussi les germes, les bactéries et même les traces d’urine. Bref, autant de petits cadeaux que nos interlocuteurs n’ont plus aucune envie de recevoir lorsque le serrage de mains sera à nouveau autorisé.

… Une année historique pour la recherche médicale

Samia Hurst est bioéthicienne, médecin et vice-présidente de la Swiss National Covid-19 Science Task Force.

Samia Hurst, peut-on parler d’année historique pour la recherche médicale mondiale?

Oui, je pense. Imaginez, il y a encore un an, personne n’avait entendu parler de ce coronavirus. En quelques semaines, il a été identifié et séquencé. Au prix de risques importants, des médecins chinois ont partagé leurs -informations en ligne. De plus, on a observé des coopérations entre les secteurs privés et publics dans une mesure sans précédent, qui a inclus une prise de risque financier par des États pour le développement de vaccins. Également sans précédent est le nombre d’équipes travaillant sur un vaccin. Actuellement, il y en a treize en phase III. C’est énorme.

Comment expliquer le fait que des vaccins ont pu être lancés en à peine douze mois?

Tout d’abord, il existait déjà des recherches sur le SARS-CoV-1, qui ressemble au SARS-CoV-2 responsable du Covid-19. Ensuite, il y a eu un  raccourcissement des phases de vérification tout au long du processus de production des vaccins. Cela a été rendu possible grâce aux -innombrables heures supplémentaires qui ont été gratuitement fournies par une multitude de personnes, et ce, à toutes les étapes. Car bien évidemment aucune de ces dernières n’a été sautée. Le même degré de rigueur qu’en temps normal a été exigé.

Cette avancée aura-t-elle des retombées positives sur d’autres recherches en cours?

Il est très fréquent que ce que l’on apprend dans un secteur soit utile ailleurs. Dans le cas du Covid-19, nous avons énormément appris en termes de traitements et de santé publique. Il est donc fort probable qu’il y aura des effets positifs sur les recherches concernant d’autres maladies respiratoires.

Numérisation

… La Suisse passe à la vitesse supérieure

Éducation, commerce, modes de paiement… La pandémie a permis d’accélérer la numérisation de la société dans presque tous les domaines. «Même l’Office fédéral de la santé publique a dû changer sa manière de récolter des données pour être capable de prendre des mesures plus rapidement, commente Sébastien Kulling, directeur romand de «digitalswitzerland».

Le commerce de détail a lui aussi bénéficié de ce coup d’accélérateur: on a notamment vu des plateformes naître pour soutenir des petits chocolatiers ou des vignerons qui jusque-là ne faisaient pas de communication ou de marketing.» Le paiement sans contact s’est lui aussi largement démocratisé. «Jusque-là, la Suisse était l’un des pays d’Europe ayant le plus bas taux de paiement par carte bancaire, puisque environ 70% des transactions étaient réglées en cash.» Mais Sébastien Kulling tient à nuancer: «Cette avancée peut créer un système à deux vitesses, entre autres parce que les commerçants qui étaient déjà habitués au numérique se sont trouvés renforcés, alors que les autres ont été marginalisés.»

Enfin, un autre aspect positif de ces progrès est l’émergence d’un vrai débat public autour des avantages et des risques de ces nouvelles technologies.  

… Le lancement de Play Suisse

En novembre, la SSR a lancé sa plateforme de streaming: plus de 1000 documentaires, films, séries, archives. Éclairage de Frédéric Maire, directeur de la Cinémathèque suisse.

De quel œil voyez-vous la création d’une plateforme suisse de streaming?

Cela me réjouit! On trouve actuellement sur la plateforme plus d’une dizaine de grands films de l’histoire du cinéma suisse, dont une partie a été restaurée et numérisée par la Cinémathèque. C’est une manière de rendre accessible un patrimoine qui est assez méconnu.  

Play Suisse pourra-t-elle fédérer les spectateurs des quatre régions linguistiques?

On a l’habitude de dire que les Romands ne supportent pas de voir un film en allemand avec des sous-titres, mais c’est un préjugé. La jeune génération, qui est abonnée à Netflix, regarde tout en version originale sous-titrée. J’ai bon espoir que ce réflexe intervienne pour tous au niveau national. 

Mais comment régater avec l’offre de Netflix, Amazon Prime, Disney+?

Si vous regardez la quantité de contenus qu’il y a déjà sur Play Suisse, ce n’est
pas rien. La force de la SSR est d’être très regardée et d’être gratuite. En Suisse, on aime goûter les produits nationaux. Bien sûr, le cinéma suisse ne peut pas régater avec Hollywood, mais Play Suisse est une offre complémentaire qui trouvera son public.

Quelles sont les perles qu’il faut voir?

Die letzte Chance, de Leopold Lindtberg, un chef-d’œuvre à voir en version originale avec les sous-titres. San Gottardo, de Villi Hermann, qui raconte la construction du Gothard et l’immigration italienne. Et Charles mort ou vif, d’Alain Tanner, un bijou qui a gagné le Léopard d’or en 1970.

Paternité

… Une paternité dopée

Rien de mieux, à ce qu’il semble, qu’un bon virus pour pulvériser les mauvaises habitudes. Durant le confinement printanier, les hommes auraient ainsi consacré 58% de temps supplémentaire à leurs enfants. Ce qui a fait dire au Father­hood Institute – un think tank consacré à la paternité – que c’était là «le plus important changement de rôle des genres depuis la Seconde Guerre mondiale». Dans Le mammouth et le virus, journal du confinement, l’écrivain Eugène avoue: «Il aura fallu une pandémie mondiale pour que je joue avec mon fils au bord d’une rivière.»

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