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Adieu benzine

En étoffant sa flotte de trois camions à hydrogène, Migros accélère la décarbonisation du transport de ses marchandises. Et pour que l’effet soit encore plus bénéfique pour l’environnement, Migros mise également sur le biogaz et les moteurs à batterie électrique.

Texte Pierre Wuthrich
Camion à hydrogène

Le nouveau camion Hyundai à hydrogène a été présenté au Musée des Transports de Lucerne.

Ce 7 octobre 2020, Hyundai a présenté – en première européenne – son camion à hydrogène au Musée des transports de Lucerne. Un événement auquel participait Migros, qui a passé commande trois de ces véhicules permettant de faire baisser les émissions de CO2 de 80% par rapport à un camion diesel traditionnel

Cet investissement n’est toutefois que l’un des volets de la stratégie de décarbonisation lancée par Migros. En effet, Migros investit également dans les camions roulant au biogaz ainsi que dans les véhicules dotés de batteries électriques, tout en faisant œuvre de pionner au niveau numérique.

Camion à hydrogène

Mélangé à l'oygène, l'hydrogène permet de faire rouler le nouveau camion Migros.

Camion à hydrogène

Nombre de camions: 3 véhicules Hyundai XCient Fuel Cell sont mis en service cet automne, d’autres suivront en 2021.

Consommation: environ 7 kg d’hydrogène/100 km.

Émissions de CO2: jusqu’à 80% en moins par rapport à un diesel classique.

Autonomie: 400 km.

Charge: 17 palettes, soit environ la même capacité qu’un camion diesel.

Comment ça marche: le surplus de la production d’énergie renouvelable (éolien, solaire) est utilisé pour produire de l’hydrogène lors d’un procédé appelé électrolyse. Celui-ci est ensuite mélangé à de l’oxygène pour produire de l’électricité et faire tourner le moteur électrique du camion.

Point fort: ce type de camion peut être utilisé sans restriction sur les tournées de livraisons des magasins ou sur les trajets entre les fournisseurs et les centrales de distribution.

Point faible: le camion à hydrogène est sensiblement plus cher qu’un véhicule diesel. Une exemption de la redevance sur le trafic des poids lourds (RPLP) permet de rendre la technologie viable.

Conduite: les chauffeurs sont spécialement formés pour manœuvrer ces camions. Par ailleurs, ils sont sensibilisés aux risques, par exemple en cas d’accident.

Camion au biogaz

Migros roule aussi avec du biogaz d'origine suisse.

Camion au biogaz

Nombre de camions: 8 véhicules mis en service dans la zone d’activités de Migros Bâle et Suisse orientale.

Consommation: environ 29 kg de biogaz/100 km.

Émissions de CO2: jusqu’à 80% en moins par rapport à un diesel classique.

Autonomie: 400-450 km.

Charge: identique à celle d’un camion diesel.

Comment ça marche: les camions sont dotés d’un moteur à combustion alimenté par du gaz suisse provenant directement de fournisseurs locaux comme les St. Galler Stadtwerke. Le gaz est produit par la fermentation de matière organique.

Point fort: la technique a fait ses preuves et remplace de manière fiable le diesel. Par ailleurs, ce genre de camion peut être utilisé dans toutes les régions desservies par la logistique Migros. Enfin, le camion est moins bruyant qu’un camion diesel.

Point faible: le coût. Une exemption de la RPLP permettrait de rendre la technologie plus attractive.

Conduite: une petite formation est distillée aux chauffeurs.

Camion électrique

Le camion électrique eActros a été testé par Migros dans le cadre d'un programme européen.

Camion à batterie électrique

Nombre de camions: 1 véhicule eActros de Mercedes-Benz en phase de test. Il s’agit ici du premier camion 100% électrique pour le trafic lourd développé pour être produit en série. Ce camion qui a ­roulé ce printemps à Zurich est l’un des dix véhicules qui a été mis à disposition par Mercedes en Europe dans le cadre d’un test grandeur nature. Par ailleurs, Migros possède encore seize autres véhicules électriques de taille plus petite.

Consommation: environ 145 kWh/100 km.

Émissions de CO2: jusqu’à 80% en moins par rapport à un diesel classique.

Autonomie: 200 km.

Charge: identique à celle d’un camion diesel.

Comment ça marche: des batteries lithium-ion fournissent l’énergie nécessaire pour faire tourner les deux moteurs électriques.

Point fort: ce genre de camions est plutôt adapté aux villes et aux agglomérations. C’est pourquoi il a été testé dans les rues de Zurich.

Point faible: le prix, qui reste plus élevé qu’un camion diesel classique, malgré l’exemption de la RPLP. 

Conduite: une simple introduction aux nouveaux véhicules est organisée (comme lors de n’importe quel nouvel achat).

Rainer Deutschmann

Entretien

«Nous allons réduire drastiquement nos émissions de CO2»

À la tête de la Direction Logistique Transport de Migros, Rainer Deutschmann explique pourquoi le processus de décarbonisation doit miser sur plusieurs chevaux à la fois.

 

Rainer Deutschmann, Migros se dote de camions à hydrogène, de véhicules fonctionnant avec des batteries électriques ou d’autres encore roulant au biogaz. Cela donne l’impression que vous allez dans toutes les directions sans avoir une conduite claire…

Au contraire. Nous avons collaboré étroitement avec l’Institut interdisciplinaire de recherche pour les sciences des matériaux et le développement de technologies (EMPA) pour définir nos besoins. Il en est ressorti qu’il était judicieux d’utiliser différentes technologies car nous voulons, pour chaque tronçon, utiliser le camion le plus adéquat.

C’est-à-dire?

Un camion doté de batteries électriques est par exemple bien adapté pour les livraisons en ville étant donné qu’il a une autonomie relativement faible, soit environ 200 km. Par ailleurs, il est très silencieux, ce qui est précieux lors des livraisons matinales, par exemple. Le véhicule à hydrogène est, lui, doté d’un moteur très puissant et peut être mis en service sur de longues distances, entre deux villes par exemple.

Comment pouvez-vous savoir quelle technologie est la plus appropriée?

L’informatique joue ici un rôle aussi important que la technologie. C’est pourquoi nous parlons toujours d’une stratégie de décarbonisation et de numérisation. Pour utiliser la bonne motorisation, nous avons développé un système de simulation pour notre flotte.

Concrètement, comme cela fonctionne-t-il?

C’est très simple. Si je planifie une livraison d’un point A à un point B, je peux d’un coup d’œil grâce à ce système savoir combien de kilos de CO2 je vais économiser avec tel ou tel camion. Pour son calcul, notre système informatique a enregistré des milliers de données GPS que les chauffeurs ont enregistrées avec leur smartphone. Le système prend en compte la topographie de la route, les distances, etc.

Pour les camions à hydrogène, il n’existera en 2021 que six stations-service en Suisse. N’est-ce pas un handicap pour le développement de cette technologie?

Non, les trois camions seront mis en circulation en Suisse orientale, à Zurich et à Suhr, pour les livraisons des magasins Migros et Migrolino. Dans les trois cas, il existe une station- service à proximité des centrales. Pour la suite, Migros a cofondé l’association H2 Mobilité suisse avec Coop, Fenaco et Avia. Nous nous sommes fixé deux buts: développer en trois ans un réseau d’une centaine de stations-service et voir rouler sur les routes un millier de camions à hydrogène.

Qu’en est-il du train? Reste-t-il prioritaire dans la logistique Migros?

Oui, le train continuera d’être un mode de transport très important pour la livraison des marchandises, notamment entre les industries et les centres logistiques. Les trois nouvelles technologies évoquées viennent en complément. Elles ne sont toutefois pas secondaires. Avec elles, les émissions de CO2 vont pouvoir grandement et rapidement diminuer.

Et Cargo sous terrain?

Le projet reste également d’une très haute importance. Migros a été, il y a dix ans, parmi les initiants de Cargo sous terrain. Aujourd’hui, nous accompagnons de très près son développement que ce soit en mobilisant des ressources financières ou humaines. Selon l’agenda prévu, le premier tronçon entre Härkingen (SO) et Zurich verra le jour d’ici 2031.

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