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Innovation

Le bio dans la peau

À Aclens (VD), la société Satori grave au laser le logo Migros Bio sur les mangues vendues sous ce label. Après une phase d’essai au niveau régional, cette innovation qui permet de se passer d’étiquettes en plastique est désormais déployée dans tout le pays.

Texte Pierre Wuthrich
Photos Mathieu Rod
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Le marquage au laser, sans danger pour la santé, remplace avantageusement les banderolles en plastique.

La zone industrielle d’Aclens, entre Lausanne et Yverdon-les-Bains, ne paie pas de mine. C’est pourtant ici, dans ces entrepôts plutôt quelconques, qu’une première suisse a vu le jour. «Nous sommes la première société du pays à effectuer du natural branding, soit la gravure au laser de la peau de fruits et légumes», explique non sans une pointe de fierté Valon Morina, 35 ans, responsable du mûrissement et du dépôt chez Satori, l’un des fournisseurs de Migros en fruits et légumes exotiques. 

Ce tatouage n’a évidemment rien d’une lubie esthétique ni d’un gag marketing, mais vise un but écologique bien précis: en inscrivant le logo Migros Bio à la surface d’une denrée, il est possible de se passer d’emballages plastique tout en affichant une distinction claire entre les produits issus de l’agriculture  iologique et les autres, tel que l’exige la loi.

Vidéo: le marquage des mangues bio au laser

Il suffit de quelques secondes pour marquer fruits et légumes précisément au laser.

Des essais concluants

Dans un premier temps, une phase de test s’est déroulée entre juin et novembre, d’abord dans les magasins des coopératives Migros Vaud et Zurich, puis dans ceux de Genève, Neuchâtel-Fribourg et Lucerne. Avec succès. C’est pourquoi, depuis cette semaine, l’ensemble des supermarchés Migros de Suisse propose des mangues bio joliment tatouées. «Les employés ont été spécialement formés pour utiliser cette machine, commente Valon Morina. Elle est sécurisée et fermée de tous les côtés pour éviter tout incident.»

Les mangues bio qui arrivent d’Espagne, du Brésil ou du Pérou – par camion ou bateau uniquement – sont tout d’abord placées dans une mûrisserie, soit un entrepôt où règne une température de 19 °C. «Nous effectuons un contrôle quotidien pour choisir les fruits qui pourront être marqués selon les normes définies par Migros», poursuit Valon Morina.

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Satori, à Aclens (VD), est la première entreprise suisse à marquer fruits et légumes au laser.

Une technique sûre et prometteuse 

Une fois la sélection effectuée, tout va très vite. Les mangues sont placées dans un cageot par groupes de huit et posées sur un tapis roulant à l’entrée de la machine. Une caméra mesure alors la dimension du contenant et calcule la hauteur exacte des fruits afin de régler le laser.

Peu après, deux rayons brûlent à la vitesse de l’éclair la peau du fruit pour marquer le logo Migros Bio. À la sortie de la machine, Vjolca Hoxha, 42 ans, cheffe d’équipe, ou l’une de ses collaboratrices contrôle chaque fruit pour s’assurer qu’il est correctement tatoué. «Il peut arriver que le marquage ne soit pas encore parfaitement net à ce moment-là, mais par expérience nous savons qu’il gagnera en intensité après deux ou trois heures», précise Vjolca Hoxha.

Quatre jours plus tard, un dernier contrôle est effectué pour s’assurer que la chair n’a pas été touchée. «Cela n’arrive jamais, assure Vjolca Hoxha. Le laser est extrêmement précis et ne brûle que superficiellement les fruits et légumes. On peut donc les consommer sans avoir aucune crainte.»

Parallèlement aux mangues, Satori grave actuellement aussi des avocats bio, et ce, dans le cadre d’un test qui se déroule encore jusqu’au printemps. S’il s’avère concluant, Migros pourra économiser, entre les mangues et les avocats bio, plus de 5,5 millions de banderoles en plastique par an.

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Mirco Passarelli est Category Field Manager Fruits à la Fédération des coopératives Migros.

«Nous sommes convaincus de la pertinence de cette technique»

Mirco Passarelli, Migros propose désormais des mangues bio tatouées et teste actuellement la nouvelle technique du «natural branding» sur les avocats bio. Or, ces deux produits ne sont en fait déjà que peu emballés. Pourquoi avoir commencé par eux?

Il nous était important de faire nos premières armes avec des fruits ayant une peau relativement épaisse et donc moins fragiles. C’est le cas des avocats et des mangues.

 

Forte de cette expérience, Migros va-t-elle développer son offre de produits bio marqués au laser?

Techniquement, il est possible de graver de nombreux fruits et légumes. Cela étant, il y a plusieurs aspects à prendre en compte. Dans le cas du gingembre, il faut que le logo reste parfaitement visible, ce qui n’a rien d’aisé vu les formes de la racine. Concernant le marquage des peaux qui sont comestibles, comme c’est le cas avec la pêche, il sera néces-saire d’analyser l’acceptation par les consommateurs.

 

Vous parlez des clients, quelles ont été leurs premières réactions?

Cette volonté de se passer d’emballages est très bien perçue par les consommateurs. Nous avons reçu beaucoup de commentaires positifs, que ce soit via les réseaux sociaux ou notre M-Infoline. 

 

Les tests avec les avocats ont débuté en même temps que ceux avec les mangues. Pourquoi la phase d’essai est-elle prolongée de plusieurs mois?

Nous avons constaté que les avocats bio réagissaient davantage à la gravure au laser et avaient une plus forte tendance à s’avarier. Nous sommes toutefois convaincus de la pertinence de la technique du natural branding. C’est pourquoi nous sommes en train de revoir nos processus et allons -tenter de ne marquer que le pourtour du logo pour éviter de devoir graver une surface trop importante. En cas de succès, tous les avocats bio vendus à Migros arboreront dès le printemps prochain – dans toute la Suisse – le logo Migros Bio sur leur peau.

Les produits bio à Migros

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