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Félix Rabin: le rocker que rien n’arrête

Repéré par Quincy Jones, encensé par la presse spécialisée et adopté par les Britanniques: Félix Rabin, de Chézard-Saint-Martin (NE), bouscule la scène rock.

Texte Pierre Wuthrich
Photos Matthieu Spohn
Félix Rabin

Photographié sur la passerelle de l'utopie à Neuchâtel, Félix Rabin vit toutefois pleinement son rêve.

Félix Rabin. Retenez bien son (vrai) nom. Car ce jeune auteur-compositeur-interprète est bien parti pour aller loin et se faire une place parmi les rockers qui comptent. Pour cela, le jeune musicien de Chézard-Saint-Martin (NE) peut compter sur deux composantes aussi essentielles qu’indispensables à toute carrière internationale: du talent et un culot certains.

Le talent tout d’abord. Né dans le canton de Neuchâtel de parents français, le jeune Félix se prend de passion dès 5 ans pour la guitare. Ce n’est toutefois qu’à 15 ans qu’il se lance dans son apprentissage, d’abord en autodidacte. «J’ai beaucoup surfé sur internet et lu pas mal de livres. J’ai ensuite pris des cours pour parfaire les bases, mais j’ai arrêté après trois ans car je sentais que je voulais faire ma route par mes propres moyens. J’avais envie de composer, de développer mon univers», résume le jeune homme de 25 ans. Doué et persévérant, Félix fait ses premières armes à Neuchâtel, puis sur les quais de Montreux, durant le festival en 2013. Lorsqu’il apprend que des jam sessions sont organisées au Jazz Club, il sort alors son deuxième atout – le culot, donc – et insiste pour monter sur scène même s’il n’est pas sur la liste des invités. «Le producteur était sceptique, mais n’a donné ma chance et je me suis retrouvé sur scène avec des Américains. Un vrai bouillon de talents.» Félix Rabin impressionne tellement qu’il peut à nouveau jouer cinq-six fois durant la même édition, puis les deux années suivantes en tant qu’invité permanent. C’est là, à Montreux, qu’il jouera sans le savoir devant Quincy Jones. «Il m’a ensuite demandé de venir le retrouver. Il m’a beaucoup complimenté et m’a dit que j’avais les moyens d’y arriver, qu’il fallait tout donner.»

Un premier disque enregistré à L. A.

Félix Rabin ose alors tenter sa chance en Grande-Bretagne, l’une des patries du rock. «Il a fallu pousser des portes, appeler et rappeler des organisateurs de concerts, ne pas se décourager.» Et ce durant deux ans jusqu’à ce qu’un producteur l’entende dans le 100 Club, l’une des salles londonienne où les Sex Pistols ont beaucoup joué. «Il m’a engagé pour une tournée en première partie, puis deux autres, en mon nom.» Félix Rabin accumule alors les expériences, éveille l’intérêt de la BBC puis de la presse anglaise, et se constitue une fanbase au Royaume-Uni.

La crise du coronavirus mettra fin précipitamment à une nouvelle tournée, cette fois européenne. Mais Félix Rabin reste dans l’actualité et vient de sortir son premier EP. Baptisé Pogboy, il a été enregistré à Los Angeles chez Ross Hogarth, le grand ingénieur du son qui a notamment travaillé avec Van Halen et Ziggy Marley. «Il y a du rock, du funk, une ballade et même de la pop. Autant de styles qui définissent mon univers musical. J’aime alterner entre les morceaux calmes et quelque chose de plus énervé», explique celui qui dit avoir de la peine à rester en place. Quand on vous disait qu’il irait loin…

Félix Rabin

Sur scène

«J’ai beaucoup joué ici, au ­caveau du Bar King à ­Neuchâtel, avant de partir au Royaume-Uni. Il n’y a pas de meilleure école que les concerts et les jams qui s’ensuivent. J’adore être sur scène, car c’est l’expression la plus intense de la musique. Les musiciens parviennent à créer des moments de magie quand ils se mettent tous au service d’une œuvre et quand ils partagent l’émotion qui s’en dégage avec le public.»

Félix Rabin

En studio

«J’ai mon propre studio, ce qui est un grand luxe. Avec mon père, nous l’avons aménagé dans une ancienne ferme de Chézard-Saint-Martin où habitent mes parents. Il a fallu creuser le sol et construire une box en bois pour la séparer physiquement du reste du bâtiment et assurer une bonne isolation phonique. C’est ici que je viens répéter et composer jusque tard dans la nuit. Je travaille à la guitare et sur ordinateur les idées qui me viennent à tout moment de la journée et que j’enregistre aussitôt sur mon smartphone. Ce peut être une mélodie voix, le riff de guitare ou un rythme batterie. J’utilise ensuite le piano davantage pour les accompagnements.»

Félix Rabin

Jamais sans sa guitare

«J’ai toujours trouvé que la ­guitare électrique était un bel objet. C’est quelque chose de sexy et d’harmonieux. Surtout, il s’agit de la pièce centrale du rock et il s’en dégage une aura. Pour acheter ma première guitare, à 18 ans, j’ai fait plusieurs petits boulots dans des manufactures horlogères et j’ai économisé plusieurs années. Ensuite, je suis allé à Londres en 2013 pour acheter une Fender Stratocaster, le modèle culte que je voulais absolument. C’est du très haut de gamme. Le son est parfait, et les plus grands – Clapton, Hendrix, Pink Floyd – ont tous joué sur cette guitare. Elle ne me quitte quasi jamais. C’est avec elle que je joue sur scène et que j’ai enregistré mon EP.»

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