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Continuer le combat

Militantes à vie

Parfois à la retraite depuis longtemps déjà, certaines femmes continuent néanmoins à mener le combat. Que ce soit pour la protection des personnes âgées, l’égalité des genres, l’environnement ou encore les chats.

Texte Véronique Kipfer, Patricia Brambilla, Alain Portner
Photos Niels Ackermann
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Elles ont septante, huitante, voire plus de nonante ans. Mais à l’âge où certaines femmes aspirent à une vie moins trépidante, elles continuent pour leur part à lutter avec détermination pour leurs convictions et leurs idéaux. Quitte à descendre dans la rue, brandir des pancartes et interpeller les autorités pour mieux se faire entendre. Parfois désireuses de mener leur combat de manière indépendante, parfois membres d’associations et de groupements qui leur assurent une plus large tribune, quantité de grands-mamans luttent ainsi au quotidien pour un avenir plus lumineux. Que ce soit pour leurs contemporains, la société en général ou leurs petits enfants.

«Les associations de retraités se développent au tournant des années 1980, explique Alexandre Lambelet, professeur à la Haute École de travail social et de la santé (HES-SO) à Lausanne, spécialiste des questions liées à la vieillesse et à la socialisation des personnes âgées et auteur de l’ouvrage Des âgés en AG*. C’est une époque où on a le sentiment que les questions matérialistes sont à peu près réglées, on a par exemple le système des trois piliers en Suisse. La période où les personnes âgées étaient les plus pauvres est un peu dépassée et, en parallèle, des seniors commencent à revendiquer de pouvoir prendre la parole dans l’espace public. On assiste ainsi en même temps à la naissance d’associations de loisirs et d’autres qui sont dans la revendication, comme l’Association suisse des retraités, les associations féministes et celles qui s’inquiètent pour l’environnement.»

Changement de message

Les associations créées dans les années 1980 n’ont pas disparu, et beaucoup d’autres ont continué de naître ces dernières années, prenant une place plus ou moins importante dans l’espace public. Et porteuses d’un message différent de leurs prédécesseures: «Entre les années 1980 et 2000, c’est le débat sur la question d’équité générationnelle qui a pris beaucoup de place, remarque l’expert. On soulignait ainsi que les personnes âgées coûtaient de plus en plus aux systèmes de santé et sociaux et qu’elles allaient avoir plus de voix lors des élections et votations que les jeunes, du fait qu’elles participent davantage aux votes.» Mais l’expert note que, face à cela, les associations de retraités ont ensuite pris fortement position pour les jeunes et les familles: «Ainsi, la Fédération des associations de retraités (FARES) a par exemple conclu un accord avec le Groupe de liaison des activités de jeunesse (GLAJ), pour travailler ensemble pour un État social fort. On sait aussi que les associations de retraités ont pris position soit pour l’assurance maternité, soit pour l’augmentation des allocations familiales. Il y a donc eu un gros effort de ces associations pour montrer leur soutien en faveur des plus jeunes, et de thématiques autres que celles les touchant spécifiquement.»

Parfois spécialistes, parfois militants

Mais qui sont ces seniors qui continuent à se battre avec autant d’enthousiasme et d’acharnement, malgré le poids des années? «On remarque deux types de profils dans l’espace public, détaille Alexandre Lambelet: d’un côté, il y a des gens qui étaient cadres dans des entreprises et avaient des compétences très techniques sur le système de retraite ou de santé. En s’engageant dans une association de retraités, ils peuvent continuer à valoriser ces compétences acquises durant leur carrière professionnelle, tout en entretenant un rapport parfois sceptique à la politique. Le second groupe est constitué d’anciens militants politiques ou syndicaux, qui trouvent dans ces associations des lieux où ils peuvent poursuivre leur lutte, pour des causes qu’ils ont toujours défendues auparavant. Il y a alors une continuité assez forte avec les engagements antérieurs.»

Si le spécialiste remarque que les femmes sont bien présentes au niveau national, il souligne toutefois que «les associations plus locales qui proposent beaucoup de bénévolat sont plutôt féminines, et celles qui sont plus orientées vers la politique, ou liées à des entreprises, sont plutôt masculines». Fait intéressant, on trouve toutefois souvent des femmes au poste de présidente ou vice-présidente dans ces dernières. Des femmes qui soulignent fréquemment trouver un écho, en tant que retraitées, à la situation qu’elles ont déjà vécue dans les années 1970. Car si elles se demandaient à l’époque comment faire pour être entendues des hommes, elles cherchent aujourd’hui un moyen de se faire entendre des personnes actives…

 

* À lire: «Les âgés en AG, sociologie des organisations de défense des retraités en Suisse», Alexandre Lambelet , Éd. Antipodes, 2014.

Anne-Cécile Reimann, 77 ans, Genève

Anne-Cécile Reimann en est convaincue: la résistance porte ses fruits.
Anne-Cécile Reimann en est convaincue: la résistance porte ses fruits.

«Mariée à un artiste peintre, j’ai évolué dans le milieu bohème et j’ai à peine vu passer Mai 68. Mon engagement a commencé plus tard avec Creys-Malville. En 1977, deux copains m’ont embarquée à une manif, avec ma deux-chevaux et mes talons aiguilles. Je croyais assister à un concert rock et je me suis retrouvée dans un truc épouvantable. Là-bas, c’était la guerre! Il y a eu un mort, des CRS qui lançaient des grenades, des mains arrachées… Quand je suis revenue, j’ai commencé à potasser sur les centrales nucléaires, le plutonium, et j’ai compris la gravité de la situation. C’est là que l’engagement anti-nucléaire m’a prise aux tripes et ne m’a plus jamais lâchée.

Du temps du réacteur nucléaire Superphénix, on a fait des tas de trucs interdits. On se couchait sur les voies de Cornavin, on montait par les balcons du consulat de France… Mais les policiers me connaissaient, j’avançais en première ligne avec ma banderole et je criais à mon petit gendarme, toujours le même: «Il va peut-être y avoir un corps à corps…» J’ai introduit un côté un peu glamour dans ces défilés austères de militants. J’étais la Cicciolina des manifs avec un look à moi, un peu sexy. Des gens ont pu croire que j’étais dangereuse, mais je ne suis pas violente. J’adore la nature, les animaux, les gens et même la police trouve parfois grâce à mes yeux!

Comme la lutte anti-nucléaire est liée à la mondialisation, à l’OMC, etc., j’ai été prise dans toute une série de manifs. À chaque fois, je vais avec une armée de panneaux, que je fais moi-même, avec des slogans, comme «Dieu est mort, l’OMC l’a remplacé» ou encore «Plantons des arbres, pas des antennes». J’adore faire ça, la vie est une tragédie puisqu’on doit mourir, mais je la transforme en comédie.

Après trente-cinq ans d’enseignement à Vully, je suis aujourd’hui à la retraite. Mais cela ne m’a pas du tout freinée, au contraire! La résistance, c’est un état d’esprit que j’ai depuis toute petite. Et avec l’âge, je ne me calme pas du tout, au contraire, je sens que je n’ai plus beaucoup de temps pour agir. La retraite, c’est un mot abominable. Ce n’est pas comme ça que je vois la vieillesse. Mes anciens élèves, je les retrouve dans les manifs! Je continue à descendre dans la rue pour tout ce qui me touche, les zones piétonnes, la réaffectation de la caserne des Vernets, les inégalités dans le monde... Et comme je suis toujours présidente de l’association ContrAtome, j’organise les réunions, j’amène à manger. Je reste attentive à tous les rendez-vous militants.»

Carvi Stucki, féministe, 72 ans, Corsier (VD)

Carvi Stucki est heureuse de constater que la cause féministe avance, même s’il reste beaucoup à faire.
Carvi Stucki est heureuse de constater que la cause féministe avance, même s’il reste beaucoup à faire.

«Je suis arrivée en Suisse quand j’avais vingt et un ans. Étant mineure au Michigan à l’époque, je n’avais encore jamais voté aux États-Unis et je n’étais pas du tout féministe, dans le sens militant du terme. Par contre, j’avais une mère qui l’était dans sa vie quotidienne: elle a ainsi voulu que ses garçons apprennent à faire la cuisine et le ménage, et que sa fille fasse des études, pour que ni les uns ni les autres ne soient dépendants d’une autre personne. Elle me disait toujours: «Tu peux faire tout ce que tu veux, du moment que tu décides de le faire.»

De mon côté, je suis devenue féministe quand j’avais environ 30 ans: je travaillais dans une entreprise comme interprète et en plus de faire les traductions et les rapports, je m’occupais de différents travaux beaucoup plus spécialisés. C’était mal payé, mais j’acceptais la situation, car je pouvais ainsi aller aux States voir ma famille. Toutefois, après deux ans, j’ai demandé une augmentation de salaire. La réponse? «Mais… vous n’êtes pas encore une bonne secrétaire!» Ça a été le déclic pour me pousser à trouver l’Association pour le droit des femmes. Et je me suis alors peu à peu rendu compte de toutes les choses qui n’étaient pas égales pour les femmes en Suisse: à l’époque, on avait tout juste le droit de vote, et le droit matrimonial était aberrant. Quand je me suis inscrite à la section féministe de Vevey, j’ai rencontré des femmes engagées et intelligentes, et je me suis dit que, pour une fois, je n’allais pas avoir besoin de parler de la cuisine et des enfants… On a organisé des débats contradictoires, des cours d’instruction civique pour les femmes, on a décrypté une quantité d’avant-projets de lois où il y avait de la discrimination. J’ai présidé la section veveysanne durant huit ans et cela a été important pour moi d’encourager les femmes à se porter candidates pour les élections communales, cantonales et fédérales.

Le 14 juin 2019, à Vevey, j’ai participé à la marche des femmes. Et cela m’a fait chaud au coeur de voir toutes ces jeunes! On voit que ça avance, il y a maintenant aussi beaucoup de sites féministes sur internet. Tout n’est pas fini, pourtant: il y a maintenant un déblocage pour les femmes au niveau politique, mais il faut aller plus loin. J’aimerais aussi voir enfin l’égalité des salaires pour des postes équivalents. Que le harcèlement des femmes soit vraiment considéré comme quelque chose de grave, et que les femmes osent en parler. Il faut par ailleurs que les jeunes qui manifestent dans les rues continuent à créer des groupes qui agiront concrètement. Ce travail de fourmi qui a été le nôtre si longtemps doit être perpétué, car il y a encore beaucoup à faire.»

Germaine Cousin, 95 ans, Saint-Martin (VS)

Pour Germaine Cousin, le secret d’une bonne santé réside dans la prévention.
Pour Germaine Cousin, le secret d’une bonne santé réside dans la prévention.

«Je suis née en 1925 dans le village de Trogne sur la commune de Saint-Martin. À cette époque-là, les anciens faisaient beaucoup de remèdes préventifs. Les grands-mamans ne savaient pas lire et écrire, mais toutes connaissaient les cataplasmes pour les genoux, les fortifiants naturels, les tisanes contre les maux de tête... Pour vous dire, à 12 ans, j’ai eu un grave accident de luge en descendant à l’école avec une copine: tassement de vertèbres et fissure à la colonne. Le médecin m’a dit que je resterais paralysée à vie. On m’a attachée à une planche pour maintenir ma colonne droite, je n’ai pas pu m’asseoir pendant deux ans. Mais ma mère me frictionnait chaque jour avec la lotion arnica-millepertuis. Au bout de deux ans, j’ai demandé qu’on enlève la planche. Je n’avais plus mal, mais j’ai dû réapprendre à marcher. Ce qui ne m’a pas empêchée de faire mon jardin jusqu’à 80 ans, sans porter de corset!

C’est en 1976 que j’ai commencé à faire les recettes que je connaissais, séchage de plantes, pommades, huile de millepertuis, teinture d’arnica. Quand on a diagnostiqué la maladie de Scheuermann (maladie qui provoque une déformation de la colonne vertébrale, ndlr) à mon fils Raymond, je l’ai soigné avec des remèdes naturels. Aujourd’hui, à 63 ans, il n’a toujours pas d’arthrose.

Je suis toujours restée fidèle aux plantes, même quand les pharmacies ont commencé à distribuer les médicaments. Un jour, dans les années 1980, mon fils m’a demandé de mettre tout ça par écrit. Comme j’avais le permis de conduire, j’ai fait le tour de la vallée auprès des anciens pour recueillir toutes ces recettes. Et j’ai sorti plusieurs livres, dont Les remèdes de grand-mère ne se perdront pas (Éd. Santissa, 2018). Il ne faut pas laisser mourir le savoir des anciens. L’envie de transmettre ne m’a plus quittée. J’ai donné des ateliers, des séminaires et, en 2008, je suis même allée à Haïti et au Burkina Faso pour monter des laboratoires. À 92 ans, je me suis offert une cure ayurvédique en Inde. Aujourd’hui, je marche sans canne, sans rien et je ne prends aucun médicament.

Le secret de la longévité, c’est la prévention. Quand on soigne la santé, on ne tombe pas malade. Moi, je fais trois cures au printemps pour nettoyer l’organisme et trois en automne. C’est pour ça que je n’ai pas eu peur du coronavirus, je me sens en pleine forme! Les remèdes naturels, c’est le combat de ma vie.»

Laurence Martin, 75 ans, co-présidente des «Grands-parents pour le climat», Échandens (VD)

Laurence Martin regrette la lenteur avec laquelle sont prises les décisions politiques en matière de climat.
Laurence Martin regrette la lenteur avec laquelle sont prises les décisions politiques en matière de climat.

«Je suis née à Paris et j’ai épousé mon mari, Vaudois, à 21 ans. Ici, j’ai découvert la démocratie participative «à la suisse». Rien à voir avec ce que j’avais connu en France: au lieu d’être un spectateur, c’est facile de participer. Durant huit ans, mon mari et moi avons vécu dans trois pays du Sud et aux USA. Au retour, je me suis beaucoup impliquée dans des associations de parents, d’abord dans mon village, où je suis devenue responsable, puis au comité cantonal vaudois, puis en tant que présidente de l’Association vaudoise des parents d’élèves pendant plusieurs années. Cela m’a permis d’être élue à la Constituante vaudoise dans le groupe Vie associative.

En 2014, La Revue Durable a interviewé le scientifique américain James Hansen, très préoccupé par le réchauffement climatique et l’avenir de ses petits-enfants. La revue a découvert l’existence de «Grands-parents pour le climat» ailleurs dans le monde et voulu créer un groupe en Suisse. Une quarantaine de Romands ont répondu à l’appel. L’automne suivant, une assemblée constitutive avait lieu, un texte fondateur et des statuts étaient acceptés. C’est comme ça qu’on a commencé.

Dans La Revue Durable, une lettre fictive des petits-enfants à leurs grands-parents disait: «Vous saviez ce qui se passait, et vous n’avez rien fait!» Ce message a été le choc, la motivation de départ pour moi. Enfant, j’ai grandi dans une famille protestante. On allait à la campagne, en Normandie, à chaque occasion, on avait un jardin potager, une ferme à proximité, on ne connaissait pas le gaspillage, surtout après-guerre. Je ne me suis donc pas engagée par culpabilité personnelle, plutôt à cause de la responsabilité sociale de ma génération. Je me suis dit: «Faisons ce qu’on peut.» À notre âge, on n’est plus dépendant d’un patron ou d’un parti, si on n’a pas trop de souci financier, on a la liberté de dire et faire ce qu’on veut.

Depuis le début, nous avons été attentifs à ne pas nous identifier aux partis politiques. Par contre, on est immédiatement devenus membres de l’Alliance climatique, qui regroupe aujourd’hui 90 ONG ou groupes actifs pour le climat dans toute la Suisse. Présents dans une douzaine de cantons, les «Grands-parents pour le climat» essaient aussi de travailler avec les communes, de façon pragmatique. Il n’y a que cinq ans qu’on existe, mais de quarante membres au début, on est passés à neuf cents. Et depuis 2019, la Suisse alémanique se mobilise avec nous. Il y a de nombreux médecins parmi eux, ce qui nous aide à faire le lien entre environnement et santé.

Nous avons par ailleurs décidé d’étayer notre travail sur les compétences d’une commission scientifique. Chaque automne, une grande conférence/dialogue est organisée dans une université sous sa responsabilité. Le 3 novembre, après Lausanne en 2018 et Neuchâtel en 2019, c’est l’Université de Fribourg qui va accueillir cet événement, un dialogue entre les scientifiques, les jeunes et les grands-parents…

Notre meilleur atout, c’est Jacques Dubochet, déjà membre avant de recevoir le prix Nobel… Apprécié des jeunes comme des moins jeunes, bien connu des autorités, il est un porte-parole incomparable pour notre association. On aimerait que des décisions politiques fortes soient prises, mais ça ne va pas assez vite… On sent bien que les gens qui se préoccupent du réchauffement, de l’environnement, sont encore souvent considérés à tort comme des rabat-joie. L’espoir est donc d’arriver à dépasser ces clivages et de nous embarquer enfin dans le même bateau.»

Tomi Tomek, 68 ans, âme et fondatrice de l’association SOS Chats, Noiraigue (NE)

À ses débuts, Tomi Tomek a eu du mal à faire comprendre le bien-fondé de son association.
À ses débuts, Tomi Tomek a eu du mal à faire comprendre le bien-fondé de son association.

J’ai toujours eu besoin de me battre pour une cause. Le militantisme, je crois, est inscrit dans mes gènes. Je ne supporte pas l’injustice, je trouve essentiel d’aider les faibles et les exclus à vivre dignement. Mes parents étaient comme ça, ce sont eux qui m’ont inculqué ces valeurs.

À la base, j’ai une formation de pédagogue sociale. L’un de mes premiers jobs a été de prendre en charge un groupe de dix enfants dans le cadre du mouvement anti-autoritaire. J’ai travaillé ensuite dans un asile de pauvres avant de fonder avec des féministes la première maison pour femmes battues d’Allemagne. Et en Suisse, je me suis occupée de toxicomanes au drop-in de Bienne.

Je suis venue ici, au Val-de-Travers, avec mon amie Élisabeth et six chats errants que nous avions recueillis à Berlin. Nous avions envie de vivre dans la nature, de faire des films, du théâtre... Mais les choses se sont passées différemment. Nous avons trouvé un chat pratiquement mort chez un paysan et on l’a pris chez nous. Le bouche à oreille, la rumeur ont fait le reste. En fait, personne ne s’occupait des chats abandonnés ou maltraités en Suisse. Ils étaient soit euthanasiés, soit tirés par les gardes-chasse. Il fallait faire quelque chose. Nous avons accueilli nos premiers pensionnaires en 1981 et créé l’association quatre ans plus tard.

Au début, ça a été très difficile! Parce que les gens nous prenaient pour des sorcières. Quelqu’un a même brûlé l’un de nos protégés, un gentil matou qui s’appelait Eddy. Nous avons passé plusieurs nuits blanches après cela, nous nous sentions vraiment menacées. Le soutien de nombreuses célébrités, comme Michael Schumacher ou Brigitte Bardot, a sans doute contribué à convaincre les habitants de la région que nous n’étions pas folles!

Cela fera bientôt quarante ans que le refuge existe et je ne suis pas encore près d’arrêter. Une vie sans combat, sans cause à défendre, ça me déprimerait.»

 

À lire: «Aux noms des chats», Tomi Tomek, 2020. Commande par mail soschats.et@bluewin.ch ou par téléphone au 032 863 22 05.

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