Navigation

Migros - M comme Meilleur.

La durabilité:

nous ne faisons pas qu’en parler, nous agissons. En savoir plus!

Musique

Jamais à court d’idées

La violoniste Isabelle Meyer imagine depuis 2006 des concerts-spectacles inédits mélangeant musique et philosophie, droit ou biologie. Profitant de la crise sanitaire, la Lausannoise a continué d’innover pour transformer ses créations en films et en jeu coopératif pour toute la famille.

Texte Pierre Wuthrich
Photos Nicolas Righetti / Lundi13
NR_DSC9468-2.jpg

Virtuose du violon, Isabelle Meyer cherche à rendre le classique plus accessible, notamment en donnant ses concerts-spectacles dans des écoles.

Au bénéfice d’une formation des plus classiques, Isabelle Meyer a opté pour une carrière atypique. «Durant mes études de violon, j’ai remarqué que l’on jouait toujours les mêmes œuvres du répertoire et ai ressenti le besoin  ’explorer de nouveaux territoires. Et puis, lors de mon passage à la Juilliard School de New York, j’ai été impressionnée par cette fourmilière dans laquelle musiciens, danseurs et acteurs se mélangent dans des créations interdisciplinaires. Travailler avec d’autres artistes m’a tout de suite beaucoup plu», se souvient la Lausannoise.

De retour au pays, Isabelle Meyer imagine avec l’ensemble Art-en-Ciel qu’elle a fondé des concerts-spectacles innovants où la musique classique dialogue, par exemple, avec la philosophie ou le droit. Pour aborder ces thématiques sur scène, l'artiste fait appel à des personnalités comme Luc Ferry, Hubert Reeves, Charles Poncet ou Suzette Sandoz. «Tous ont tout de suite accepté de se lancer dans l’aventure, car il y a chez eux une envie de vulgariser leur savoir. Il ne s’agit pas ici de simplifier leurs connaissances mais de choisir l’essentiel, puis de le partager.»

La transmission et la médiation culturelle constituent justement un pilier fondamental du travail d’Isabelle Meyer. «Nous organisons beaucoup de représentations dans des écoles. La narration est faite de manière à ce que le public oublie qu’il écoute de la musique classique.» Et pour emporter encore mieux les enfants et les jeunes ados dans son univers, Isabelle Meyer se transforme alors en Lady Vivaldi, un personnage farfelu doté d’une impressionnante coiffure en forme de violon. «Le monde de la culture est à mon goût trop torturé. Il faut savoir rigoler et apporter de la joie. Comme le disait saint Augustin: il n’y a de sage que celui qui est heureux.»

Ce printemps, un virus passant par là, Isabelle Meyer a dû revoir ses plans. «Nous étions en plein travail avec notre nouveau spectacle consacré au Carnaval des animaux mis en place avec Daniel Chérix et dans lequel nous évoquons l’extinction des espèces.» Profitant de cette énergie, la Lausannoise a alors imaginé d’autres modules. «Nous avons opté pour la dimension cinématographique en tournant dans le tribunal de Montbenon à Lausanne le spectacle Éternel féminin où l’on joue le procès de grandes femmes.» La vidéo est ensuite proposée en streaming, tout comme celle du Carnaval des animaux tournée au Musée d’histoire naturelle de Genève. Ce n’est pas tout: notre artiste vient également de lancer un jeu de société (lire ci-dessous). Isabelle Meyer ne cesse décidément de revisiter les genres.

Vidéos à la demande et commande du jeu: www.art-en-ciel.ch

NR_DSC9608-11.00.10.jpg

Un jeu avec enjeu

«Cela faisait longtemps que je souhaitais lancer un jeu de société. Durant deux ans, j’ai testé dans les écoles un jeu compétitif mais cela ne correspondait pas à ce que je voulais. J’ai donc profité du semi-confinement de ce printemps pour revoir la copie et transformer l’idée en jeu coopératif, où tous les participants doivent réfléchir ensemble et unir leurs compétences pour remporter la partie. Pensé pour les 4 à 99 ans, le jeu se base sur mon spectacle consacré au Carnaval des animaux et aborde des questions musicales et biologiques. À chaque bonne réponse, le pion recule et l’équipe évite un peu plus de se transformer en fossile, ce qui signifierait la fin de la partie. Vu le succès rencontré par cette première édition, nous allons sortir d’autres jeux basés sur le même concept.»

 

Une boîte à merveilles

«Mon violon est un Testore datant de 1694; c’est une vieille grand-mère! J’ai ­depuis l’enfance un rapport fusionnel avec cet instrument. En jouer, c’est nouer un lien intime avec lui, car on ressent ces vibrations. J’aime aussi le fait que le violon soit un instrument du peuple. On le retrouve dans les folklores tzigane ou yiddish. Il sert à faire danser les gens et est très apprécié des peuples nomades qui peuvent l’emporter partout. Ce que je fais aussi. Il ne me quitte jamais et je suis toujours étonnée de constater à quel point cette petite boîte et ses quatre cordes m’ont fait voyager, m’ont permis de développer des projets et de ­rencontrer des personnalités incroyables. Le violon, c’est ma profession, ma passion et ma vie.»

Plus d'articles