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Prangins: aussi beau qu’un tableau

Un bourg historique préservé, des espaces verts remis en valeur et un château gardien de l’esthétisme du Siècle des Lumières ont permis à Prangins de gagner le prix Wakker de Patrimoine suisse.

Texte Pierre Wuthrich
Photos Guillaume Mégevand
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Le vallon des fossés fait le bonheur aussi des bien Pranginoins que des visiteurs de passage.

Depuis quarante ans, Prangins réussit le pari de se développer – sa population est passé de 2000 habitants en 1980 à 4000 aujourd’hui – tout en se protégeant d’une urbanisation chaotique. «Nous voulons préserver notre identité villageoise, historiquement liée au château», résume François Bryand, syndic la commune vaudoise. Pour y parvenir, «Prangins a adopté une politique de revalorisation et d’animation de son centre ainsi qu’une urbanisation vers l’intérieur afin d’éviter le mitage du territoire tout en offrant de nombreux espaces verts ouverts à tous», poursuit Dominique-Ella Christin, municipale en charge de l’urbanisme et l’environnement.

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François Bryand, syndic de Pranings, et Dominique-Ella Christin, municipale en charge de l’urbanisme et l’environnement.

Aujourd’hui, cette politique volontariste paie. Prangins s’est vu décerner le Prix Wakker 2021 de Patrimoine Suisse pour ses «interventions ciblées dans l'entretien et la mise en valeur des qualités architecturales et paysagères existantes.»

Afin que le visiteur se rende compte des investissements fournis, différents panneaux explicatifs sont disposés dans le centre du village. Dès ce printemps, des visites guidées thématiques devraient être de plus être organisées par la commune de Prangins,  en collaboration avec le musée national suisse et Nyon Région Tourisme. En attendant cette nouvelle offre, Monsieur le syndic et sa ministre de l’urbanisme ont accepté de jouer les guides pour «Migros Magazine».

Un patrimoine bâti harmonieux

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Autrefois ferme seigneuriale, la maison communale accueille un jardin d'enfants, une épicerie et un tea-room notamment qui font vivre le centre historique du village.

Classé à l’inventaire fédéral des sites construits d’importance nationale à protéger, le centre historique de Prangins, n’a rien d’un musée à ciel ouvert exempt de vie. «Comme nous ne voulons en aucun cas devenir une cité dortoir du grand Genève, lance François Bryand, nous avons transformé l’ancienne ferme seigneuriale et les écuries du château afin qu’ils puissent abriter une multitudes d’acteurs faisant vivre le village.» Outre la maison communale, la bâtisse percée de gros œils-de-bœuf accueille un jardin d’enfants, un tea-room et une épicerie. En face, le four communal est devenu une boulangerie. «Il est prévu de faire de cette place du village une zone piétonne. On y plantera un arbre majeur, qu’entourera un banc. Cet espace bordé uniquement de bâtiments datant du XVIIIe et du début du XIXe siècles devrait ainsi encore gagner en harmonie et en convivialité», poursuit Dominique-Ella Christin.

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La création de la place de la Broderie a permis de mette en scène un lignée de vieille maison, dont La Passade.

A deux pas, la destruction en 2010 de l’ancienne salle communale a permis la création de l’élégante place de la broderie, bordée de magnolias sur le point d’éclore au moment de la visite. Surtout, ce nouvel aménagement laisse le regard courir jusqu’à un alignement remarquable de maisons anciennes, dont la Passade, un ancien hospice. «Les intérieurs ont été réhabilités et accueillent des appartements dont les loyers sont abordables. L’ensemble est géré par une coopérative d’habitation; la mixité sociale étant très importante à nos yeux», explique Dominique-Ella Christin.

Un patrimoine végétal, une terre pour la biodiversité

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L'ancienne décharge à ciel ouvert a laissé place à une plaisante promenade: le vallon des fossés.

On peine à croire que l’ancien fossé sis au nord-est du château de Prangins et descendant en pente douce en direction du lac fut un jour une décharge à ciel ouvert. «Dans les années 1970, cet espace appelée vallon des fossés a été remis en valeur par le paysagiste Roger Denogent et est devenu un lieu de promenade apprécié aussi bien des Pranginois que des visiteurs», commente Dominique-Ella Christin. Dans cet élégant vallon agreste bordé de grands arbres, un petit chemin serpente pour finir sa course au niveau d’un étang. L’emprunter donne l’impression de pénétrer dans un tableau anglais du XVIIIe siècle. Puis, plus bas, s’ouvre le pré des Abériaux. «Le ruisseau Nant de Leyaz, autrefois couvert, y a bénéficié d’une renaturation en 2010», fait remarquer François Bryand. Il fait aujourd’hui le bonheur des esthètes mais aussi des crapauds et des libellules. Plus loin, entre quelques pommiers, une lignée de ruches donne un miel qui est vendu à la boutique du château. Les cerisiers qui masquaient le mur de soutènement du château ont, eux, été retirés afin de retrouver le paysage tel qu’il pouvait l’être vers 1750 et que la façade principale de la bâtisse puisse s’offrir idéalement aux regards depuis les rives.

Au château, patrimoine d’hier et d’aujourd’hui

Trônant au centre du village et faisant face au Mont-Blanc, le château de Prangins, construit entre 1729 et 1740 par le baron Louis Guiguer, attire tous les regards. Avant d’y pénétrer, il vaut toutefois la peine de prendre le temps d’admirer ses extérieurs, reconstitués avec soin depuis les années 1990. Il y a tout d’abord le boulingrin, charmante prairie dédiée aux jeux, et le quinconce de tilleuls, fonctionnant comme un salon en plein air et où l’ombre des arbres invite à la flânerie. Le clou des extérieurs réside bien sûr dans le potager historique, dessiné selon un plan cruciforme à l’emplacement d’un ancien fossé. Entouré de hauts-murs, l’espace, que certains utilisent de nos jours pour un footing léger, bénéficie d’un micro-climat où pousse près de deux cents variétés anciennes de fruits et légumes. Pour éviter tout anachronisme ne sont plantées ici que des variétés du XVIIIe siècle. On cherchera donc en vain des plants de tomates, même anciens.

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Le château de Prangins et son potager historique: un paysage typique du Siècle des Lumières.

A l’intérieur, le château, antenne romande du Musée national suisse, abrite une exposition permanente permettant de mieux comprendre – in situ – l’art de vivre et de recevoir à Prangins durant le Siècle des Lumières.

Bâptisée «Games», l’exposition temporaire, vernie le 20 mars 2021, retrace, elle, l’histoire du jeu vidéo de 1970 à nos jours. Après avoir appris que la Suisse n’avait pas à rougir au niveau international dans ce secteur en plein boom, petits et grands pourront s’amuser à jouer notamment à Pac-Man ou à Pong, les ancêtres du jeu vidéo et monuments patrimoniales en devenir.

Après-midi de retrogaming et divers ateliers thématiques sont notamment organisés en marge de l’exposition «Games»: chateaudeprangins.ch

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