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Outdoor Fitness

Le fitness en plein air a la cote

Les sportifs ont de plus en plus envie de grand air. Une tendance qui s’est encore accentuée avec la fermeture des salles de fitness. C’est pourquoi Activ Fitness propose désormais des entraînements de groupe à l’extérieur.

Texte Pierre Wuthrich
Photos Nicolas Righetti / Lundi13
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A Fribourg, dans le parc du Guintzet, Kevin Brülhart, instructeur de fitness chez Activ Fitness, motive son petit groupe d'abonnés.

Fribourg, 12 mars 2021, 17h30. Un groupe de sept personnes s’est formé devant les portes closes du studio Activ Fitness, à deux pas de la gare. Ils ne se connaissent pas forcément et s’apprêtent durant soixante minutes à faire ensemble du sport en plein air.

Sans plus attendre, la petite troupe – tous les participants sont arrivés au rendez-vous en tenue de sport – emprunte les différentes volées du très long escalier du Guintzet qui permet de rejoindre, dans les hauts de la ville, une petite clairière. C’est là que se déroulera la séance d’Outdoor Fitness, une nouvelle offre développée aux quatre coins de la Suisse par Activ Fitness, une filiale de Migros (lire ci-dessous).

L’offre en bref

De Genève à Bulle et de La Chaux-de-Fonds à Sion, Activ Fitness propose chaque semaine environ cinquante sessions d’Outdoor Fitness. Ces séances d’entraînement de 60 minutes sont gratuites pour les abonnés, qui continuent de bénéficier de la suspension temporaire de leur abonnement. Elles se déroulent en groupe de quatorze personnes au maximum dans le respects des normes sanitaires en vigueur. Une inscription (possible 24 heures à l’avance) est obligatoire. En cas de trop mauvais temps, les séances sont annulées.

En savoir plus: activfitness.ch

«C’est sympa, il y a des gens que je ne connais pas encore», indique Kevin Brülhart, 19 ans, instructeur de fitness à Fribourg et Bulle. Cette mise en jambe qui permet de faire connaissance et de créer une atmosphère conviviale laisse ensuite place au véritable échauffement dès que le groupe a atteint le parc du Quintzet.

Durant une heure, les participants ne quitteront plus le site. L’idée de l’Outdoor Fitness n’est en effet pas de se rendre d’un endroit à l’autre en courant mais de rester sur un emplacement unique et d’utiliser le mobilier urbain, les arbres ou les murets à disposition. «Nous travaillons aussi à même le sol. Chacun doit apporter un linge avec lui», précise le coach, qui poursuit: «Pour cette séance, j’ai choisi différents exercices permettant de travailler le renforcement musculaire, le gainage et le cardio. A chaque fois, je propose des variantes plus faciles ou au contraire plus difficiles, en fonction du niveau des participants.»

Squats, pompes et fentes mais aussi burpees, jumping jacks et mountains climbers: les différents exercices s’enchaînent à vive allure, entrecoupés de courtes pauses.

«C’est la première fois que je participe à un cours en plein air, explique Morgane Sanson, l’une des participantes. C’est très intensif. Je suis surpris en bien.»

La joie d’être à nouveau ensemble

Est-ce dû à la petite bise mordante qui n’invite pas à l’immobilisme ce soir-là ou à la simple joie de pratiquer à nouveau du sport avec un coach? Quoi qu’il en soit le groupe fait preuve d’une belle énergie. «C’est vrai que les conditions venteuses ne sont pas faciles, mais on est une team et on se réchauffe émotionnellement», lance Cédric Torrecillas, un autre participant.

Pour motiver ses clients, Kevin Brülhart ne se contente pas de montrer au préalable les exercices à faire, il réalise aussi chaque série. «Il y a une bonne dynamique aujourd’hui. Tout le monde est content. Ça joue le jeu. Ça fait plaisir», lance le coach visiblement heureux de pouvoir pratiquer du sport avec les abonnés d’Activ Fitness et non plus chez lui seul, comme durant les semi-confinements.

Aucun appareil ou haltère n’est transporté en dehors des studios Activ Fitness. Pour des questions pratiques mais aussi sanitaires étant donné qu’il faudrait après chaque utilisation les désinfecter. «Nous travaillons avec le poids du corps uniquement», précise l’instructeur, qui prouve que la méthode permet également de se dépenser idéalement.

Souhaitez-vous aussi faire du fitness en plein air et en groupe?

Après une heure de sport au grand air, les joues ont rosi et de larges sourires se dessinent sur les visages. «Les exercices étaient adaptés à ma condition physique. Alors même si le fitness à l’extérieur est plus difficile qu’en salle du fait de la météo, je reviendrai. J’ai trop envie de bouger», promet Maria Brülhart.

Morgane Sanson partage entièrement son avis. «Notre prof était excellent. Je vais m’inscrire tous les vendredis. Le seul bémol est peut-être le manque de musique.»

Ailleurs en Suisse romande, des échos positifs similaires se font également entendre. Au point que les entraînements en extérieur d’Activ Fitness continueront d’être proposés, dans un premier temps, après la réouverture des salles. Et si la demande ne faiblit pas, l’Outdoor Fitness pourrait alors devenir une offre permanente de la chaîne, du moins de mars à octobre. «Etre au grand air et au soleil, c’est sympa. Il faut en profiter», conclut Kevin Brülhart, alors que le groupe se disperse.

Horaires et infos détaillés: www.activfitness.ch

fabien-ohl

Fabien Ohl est professeur de sociologie du sport à l’Institut des sciences du sport de l’Université de Lausanne (UNIL).

Entretien

«Il existe une envie de se réapproprier l’espace urbain»

Fabien Ohl, la pratique du sport en extérieur s’inscrit-elle dans une tendance lourde ou relève-t-elle plutôt d’un phénomène passager, imposé par les mesures sanitaires?

Le sport et les activités physiques à l’extérieur jouissent d’une longue histoire à vrai dire. On retrouve cette pratique au début du XXe siècle déjà chez les scouts, dans le mouvement gymnastique tchèque Sokol ou en France avec les Lendits, des fêtes de la jeunesse axées sur le sport. Il s’agit notamment de montrer que la nature est bénéfique à l’organisme et qu’il est important de s’aérer.

Ces mouvements sont toutefois tombés en désuétude…

Oui, car ils étaient pour certains nationalistes, et la mise en scène des corps «sains» avait pour but de valoriser la nation, l’hygiène ou des idéologies politiques. Mais la raréfaction du sport à l’extérieur est également liée à la construction d’infra-structures dédiées au sport ainsi qu’au -développement urbain et à la hausse du trafic motorisé. Du coup, la ville n’était plus adaptée au mouvement, qui a été cantonné aux salles ou à la périphérie avec les parcours santé en -forêt. Depuis quelques années, on observe toutefois une volonté de réappropriation de la ville. Cela s’observe par l’aménagement de trottoirs plus larges et une hausse de la mobilité douce. De plus en plus de communes installent par ailleurs de petits appareils simples, qui ne se dégradent pas, permettant de pratiquer une activité physique. Ce peut être par exemple de petits fitness urbains faits de barres pour se muscler avec le poids du corps. On est certes encore loin des installations de Venice Beach en Californie où les body--builders s’entraînent et se mettent en scène. Mais la tendance est là.

La salle présente toutefois de nombreux avantages…

Oui bien sûr. Les températures y sont régulées par exemple. Toutefois, même dans les pays nordiques, qui n’ont pas un climat forcément adapté, on remarque une envie de reprendre possession des espaces urbains par l’activité physique. Les différents centres de fitness peuvent profiter de cette envie.

En tant que sportif, je peux aller m’entraîner quand bon me semble autour de chez moi. À quoi bon développer une offre à l’extérieur en groupe à un horaire fixe?

Aimer faire du sport et avoir le goût de l’effort est une chose. Mais il ne faut pas oublier que l’activité physique permet de rencontrer des gens et de tisser du lien social. Il s’agit d’un facteur très important, qui motive les participants. C’est pour cela que l’on va courir en petits groupes ou que l’on part à vélo à trois ou quatre.

Selon l’Observatoire suisse du sport, la Suisse est, avec la Finlande et la Suède, le pays européen où l’on pratique le plus une activité physique. Comment expliquez-vous cet engouement des Suisses pour le sport?

La pratique d’un sport est fortement liée au niveau de vie d’un pays. Plus celui-ci est élevé, plus l’on pratique un sport. Ce n’est pas seulement l’aspect financier qui joue un rôle vu que courir ou randonner ne nécessite pas un grand budget, mais plutôt le facteur culturel, qui peut être indiqué par le niveau de formation. De manière générale, plus l’on fait des études, plus l’on est dans un environnement et dans des dispositions favorables à la pratique d’un sport.

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