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«Il ne faut pas stigmatiser les soignants»

La vaccination contre le covid soulève des doutes et parfois des réticences, aussi auprès du personnel hospitalier. Sandra Merkli, directrice des soins aux HUG, se veut toutefois optimiste quant au succès de la campagne de vaccination.

Texte Patricia Brambilla
Photos DR
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 Sandra Merkli, directrice des soins aux HUG.

On entend souvent parler de la réticence du personnel soignant à se faire vacciner. Qu’en est-il vraiment?

Je ne crois pas que l’on puisse parler de réticence. Nous avons commencé la vaccination le 23 février dernier pour les collaborateurs, sur la base des livraisons du vaccin, qui n’arrive pas aussi vite qu’espéré. Au préalable, nous avions pu vacciner une centaine de collaborateurs dits vulnérables, grâce à des doses qui restaient en fin de journée. Pour planifier notre campagne de vaccination du personnel, nous avons déterminé quatre groupes de priorités en fonction de la vulnérabilité des patients hospitalisés dans les différents services.  

Un sondage effectué par la santé publique neuchâteloise a montré que seuls 40% du personnel soignant sont favorables à la vaccination…

Sur les inscriptions aux HUG, on arrive à 50%, voire 60% des personnes, toutes fonctions confondues, qui souhaitent se faire vacciner. Bien sûr, ce sont des projections, il faudra voir si cela se concrétise. On sait que le taux d’acceptation du personnel soignant est généralement un peu en-dessous de celui des médecins, mais on espère atteindre 50% de vaccination comme lors de la grippe aviaire. Ce serait très satisfaisant. Mais aujourd’hui, nous avons dû bloquer les agendas, parce que nous sommes livrés parcimonieusement et qu’il faut pouvoir garantir la deuxième dose à chacun.    

Mais comment expliquez-vous la prudence du corps médical?

On le voit chaque année avec le vaccin contre la grippe saisonnière. Les histoires circulent sur d’éventuels problèmes, des réactions, des allergies… Nous n’avons pas trouvé comment favoriser l’adhésion à la vaccination. Il y a les convaincus qui se protègent chaque année et les sceptiques. Concernant la vaccination contre le covid, sur les 9200 collaborateurs des secteurs prioritaires, 3746 ont reçu la première dose du vaccin et la deuxième dose est en cours à mi-mars, soit 39%. Et quand on parle des collaborateurs, on ne fait pas de distinction entre soignants, médecins, techniciens ou gestionnaires en logistique. Tout le personnel qui gravite près des patients est concerné.

A Genève, le collectif santé pour le moratoire a tout de même récolté près de 920 signatures dont plus d’une centaine provenant de médecins…

Comme pour tout sujet, on retrouve toujours un tiers de la population, qui est convaincue de se faire vacciner, un tiers qui s’y oppose par philosophie de vie et un tiers d’indécis. C’est surtout ce tiers que nous devons convaincre. On sait que ce qui nous permettra de surmonter cette crise sanitaire, c’est le taux d’immunité de la population et nous pouvons y parvenir par la vaccination.

A Saint-Gall, un directeur d’EMS a obligé ses employés à se faire vacciner. Est-ce envisageable?

Ce n’est pas la politique actuellement à Genève. Dans certains secteurs, comme la néonatologie, certains vaccins sont obligatoires. Mais pour le covid, la vaccination se fait sur la base du volontariat. Encore une fois, on essaie de convaincre les indécis, d’insister sur le rôle modèle et la responsabilité individuelle, d’expliquer que c’est un moyen de se protéger soi-même, ainsi que les proches et les patients.

Mais refuser le vaccin en tant que personnel soignant, n’est-ce pas une faute professionnelle?

On ne peut pas aller jusque-là. Pourquoi stigmatiser les soignants? Par contre comme pour la population, le port du masque et le respect des gestes barrière avec la désinfection des mains sont exigés et un réel contrôle est fait à ce niveau-là. Cette surveillance continue contribue à la qualité des prestations et aux bonnes pratiques. Mais la vaccination relève de la liberté individuelle, surtout dans un état de droit.  

Le covid, n’est-il pas en train de devenir une maladie nosocomiale?

Il y a eu quelques infections de patients entrés négatifs et devenus positifs à l’hôpital. Cela peut être dû à des visites, à une transmission entre patients, quand les chambres ont plusieurs lits. Cela peut aussi provenir des soignants qui, avant les premiers symptômes, ont contaminé des patients. Le risque n’est jamais nul malgré les mesures d’hygiène en place.  

Qu’aimeriez-vous dire aux réfractaires?

J’aimerais qu’on arrive à les convaincre que plus on aura un taux important de vaccination, meilleure sera l’immunité au sein de la population. C’est ce qui nous permettra de reprendre une vie normale avec des projets, des contacts et des relations sociales.     

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