Navigation

Migros - M comme Meilleur.

La durabilité:

nous ne faisons pas qu’en parler, nous agissons. En savoir plus!

Hotelplan

«Le voyage va redevenir quelque chose de spécial»

Selon la directrice du groupe Hotelplan, Laura Meyer, le tourisme de masse ne disparaîtra pas après le Covid, mais on voyagera certainement de manière plus consciente et on restera probablement plus longtemps au même endroit.

Texte Ralf Kaminski, Lisa Stutz
Photos Christian Schnur
Laura Meyer3

Laura Meyer dirige depuis début 2021 le groupe Hotelplan.

Laura Meyer, vous étiez vous-même récemment en vacances. Comment cela s’est-il passé? 

J’étais à Dubaï en mai avec ma famille, notamment pour rencontrer en personne des partenaires commerciaux. Tout s’est parfaitement déroulé. Les seuls changements étaient qu’il y avait moins de monde que d’habitude à l’aéroport, qu’il fallait montrer un test négatif au coronavirus et porter un masque dans l’avion. 

Pas de mauvaises surprises?

Non. Mais c’est une question de point de vue. Il y a des gens qui sont contrariés à chaque fois qu’ils doivent mettre leur masque pour entrer dans un restaurant et d’autres qui sont juste heureux de pouvoir aller au restaurant. Moi je fais partie de la deuxième catégorie.

Planifiez-vous des vacances à l'étranger cette année?

Quels commentaires avez-vous reçus de clients qui se sont aventurés à l’étranger pour les vacances?

Les retours sont généralement très positifs. Il peut évidemment arriver qu’il y ait quelques dysfonctionnements sur place. Par exemple, si vous avez réservé un hôtel et que celui-ci n’a pas encore ouvert. Mais ce sont des problèmes que nous pouvons résoudre. Nous sommes habitués à trouver des solutions. Alors que si vous réservez seul, vous devez les chercher par vous-même. Nous avons beaucoup de nouveaux clients en ce moment qui disent vouloir désormais confier leurs projets de vacances à un voyagiste digne de confiance.

CEO du groupe Hotelplan

Après avoir siégé au conseil d’administration depuis 2018, Laura Meyer, 40 ans, a pris la tête du groupe Hotelplan au début de l’année. Avocate de formation, elle a travaillé auparavant comme ­directrice générale et Head of ­Digital Distribution & Analytics chez UBS, et avant cela chez le consultant en gestion McKinsey. Laura Meyer est mariée et a deux fils. 

Le groupe Hotelplan a connu une année difficile en 2020, comme l’ensemble du secteur du voyage. Au lieu d’une ­petite centaine d’agences, l’entreprise en compte désormais 81 en Suisse (plus 8 agences bta first travel et 94 agences ­Interhome dans le monde). En outre, près d’un employé sur cinq a été licencié. Actuellement 1900 personnes ­travaillent pour le groupe. Le chiffre ­d’affaires du groupe a chuté de 58% et plafonne actuellement à 809 ­millions de francs.

Depuis quelques semaines, les agences de voyage Hotelplan ont rouvert. Y a-t-il beaucoup de réservations pour l’été et l’automne? 

Oui, énormément même! En ce moment, nous avons plus de réservations par jour qu’à la même période en 2019. La Méditerranée est particulièrement plébiscitée. C’est pourquoi les employés spécialisés dans ces destinations ne sont plus au chômage partiel.

Et quelles destinations en particulier ont la cote?

La Grèce, l’Espagne et Chypre. Et à côté de ça, la Suisse connaît toujours du succès. Pour la société de location d’appartements de vacances Interhome, la Suisse, la France, l’Espagne et l’Italie sont les pays les plus demandés.

Comment se portait le marché avant le Covid-19?

L’ensemble de la Méditerranée occupait déjà une place de choix. Les États-Unis et le Canada étaient également deux destinations estivales très populaires. Vous ne pouvez pas y voyager pour le moment, mais cela pourrait changer bientôt en ce qui concerne les États-Unis.

Et l’Asie?

La plupart des destinations asiatiques ne seront sans doute pas accessibles avant l’année prochaine. À l’exception notamment de la Thaïlande, qui devrait ouvrir ses portes dès cet automne. L’Australie et la Nouvelle-Zélande devraient également rester fermées aux touristes pendant encore un certain temps.

Kreta

La Gèce, ici Loutro en Crète, est actuellement plebiscitée par les clients d'Hotelplan (photo: Getty Images)

Jusqu’à récemment, Hotelplan conseillait de réserver à très court terme. Ce n’est plus le cas?

En Europe, il est possible de -réserver dès maintenant pour l’automne sans aucun problème. Nous vous le recommandons même, car certains hôtels sont déjà complets.

Quand pouvons-nous imaginer un retour à la normale?

On entend différents avis. Je pense qu’une normalisation complète n’est pas à attendre avant 2023/24, également d’un point de vue financier.

Est-ce qu’on voyagera différemment dans le monde d’après? 

Certaines tendances avaient commencé à se dessiner avant le Covid-19. Par exemple, les offres de location de vacances augmentent plus rapidement que celles des hôtels. Beaucoup se sont également rendu compte que la Suisse est belle et qu’il n’est pas toujours nécessaire de prendre l’avion. Le développement durable est un sujet important. Nous pensons que de nombreuses personnes voyageront plus consciemment à l’avenir. Elles voleront moins et, si elles le font, elles auront tendance à rester plus longtemps sur place. 

Avez-vous déjà remarqué ces changements?

Pour l’instant, nous observons deux attitudes différentes. Certains se comportent comme avant et veulent juste trouver une belle plage à un bon prix. D’autres au contraire, qui aiment être proches de la nature et sont prêts à dépenser un peu plus pour cela, voyagent vers des destinations moins prisées et optent pour des hébergements plus modestes.

À propos de durabilité: est-il envisageable que l’empreinte CO2 d’un voyage soit indiquée de manière standard à l’avenir, avec une sorte d’étiquette?

Nous voulons clairement aller dans cette direction, même si ce genre de calculs n’est pas facile à faire pour chaque voyage.

Voyager va-t-il devenir plus cher?

Je pense plutôt que ce n’est pas le voyage en lui-même qui deviendra plus cher, mais que beaucoup choisiront de façon plus consciente un voyage qui en vaut la peine, comme un cadeau que l’on se fait à soi-même. Le voyage va redevenir quelque chose de spécial. 

Ce serait une bonne chose.

Absolument. Et pour un tour-opérateur comme nous, c’est l’occasion de montrer nos compétences. 

Vous avez déclaré qu’il est peu probable que les mêmes acteurs du secteur détiennent les mêmes parts de marché dans trois ans. Pourquoi Hotelplan ferait-il partie des lauréats?

Je pense que nous nous sommes comportés de manière exemplaire depuis le début de la crise du coronavirus. Nous avons par exemple remboursé nos clients pour les voyages annulés, même si nous n’avions pas encore reçu cet argent de nos partenaires. Nous en récoltons actuellement les fruits, et espérons que nous continuerons à le faire à l’avenir. Nous sommes le dernier grand fournisseur en mains suisses et Migros est un parent fiable avec lequel des synergies peuvent être exploitées. 

Et qui seront les perdants?

Certains prestataires ont -accumulé beaucoup de dettes, notamment certaines compagnies aériennes ou des propriétaires d’hôtels. De notre côté, nous pouvons adapter rapidement notre offre à la situation. Il est probable qu’il y ait une autre secousse dans les prochaines années, dont les grands acteurs ont plus de chances de profiter. Ils ont également les moyens de rester à jour grâce au numérique.

Néanmoins, Hotelplan a dû licencier du personnel et réduire le nombre de ses succursales. D’autres vont-elles disparaître?

On ne peut l’exclure. La question est de savoir à quoi ressemblera le conseil aux voyageurs du futur. Nous pensons qu’il y aura davantage de canaux dédiés à cela. Le conseil prendra de l’importance. Il ne se fera plus seulement en personne dans une agence de voyage ou par téléphone, mais également virtuellement. Il est tout à fait possible qu’il y ait moins de succursales, mais tout autant d’employés.

Laura Meyer2

Laura Meyer, à propos de son arrivée au poste de CEO: «J'ai eu des bonnes surprises, comme de constater la motivation des employés, même au plus fort de la crise».

Vous avez pris votre nouveau poste au début de l’année, au plus fort de la crise. Ce n’était pas vraiment le moment idéal.

J’étais au courant de la situation lorsque j’ai accepté le poste. J’étais donc préparée et jusqu’à présent, je n’ai pas eu de mauvaises surprises. Au contraire, j’ai plutôt eu des bonnes surprises, comme de constater la motivation des employés, même au plus fort de la crise. 

Contrairement à votre prédécesseur, vous ne venez pas du secteur du tourisme. Qu’est-ce qui vous a attirée dans ce domaine? 

Je suis moi-même passionnée de voyages. Je connaissais également bien Hotelplan pour avoir siégé au conseil d’administration. Je trouve que c’est un défi passionnant de pouvoir continuer à développer cette entreprise riche en traditions, d’autant plus que beaucoup de choses sont actuellement en plein bouleversement. 

Si vous étiez complètement libre: où voyageriez-vous?

L’Asie me manque, c’est probablement ma destination préférée. Mais c’est l’Amérique du Sud que je connais le moins bien. Alors si j’étais libre et que j’avais plus de temps, je traverserais tout le continent

Avion ou train, Mme Meyer?

S’allonger sur la plage ou découvrir le pays et ses habitants?

Le pays et ses habitants

 

Aller à Berlin en avion ou en train?

En train, si j’ai le temps

 

Hôtel ou Airbnb ?

Les deux, mais bien sûr, Interhome au lieu d’Airbnb

 

Livre ou ebook?

Livre. Mais en voyage je préfère les ebooks ou les livres audio

 

Or ou bitcoin?

Or

 

Steak ou gratin de légumes?

Gratin de légumes. Je mange végétalien quand c’est possible.

 

Les client.e.s ou les clientes et les clients?

Les clientes et les clients.

Tout pour des vacances à la mer

Plus d'articles