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Parkinson

Le goût du défi

Cyril Badertscher a contracté la maladie de Parkinson à l’âge de 32 ans. Un coup de massue pour ce collaborateur de «SportXX», qui n’a pas perdu l’envie de relever des défis, comme celui de traverser le Léman à la nage. Ce qu’il tentera le 9 septembre.

Texte Pierre Wuthrich
Photos Nicolas Righetti/Lundi13
Cyril BADERTSCHER

Cyril Badertscher, collaborateur de «SportXX» et nageur.

En 2019, suite à des douleurs lancinantes dans les membres et à des tensions dans le dos, qui seront mises dans un premier temps sur le compte d’abus d’activités physiques, et suite aux recommandations toujours plus incessantes de ses parents, inquiets de voir leur fils commencer à boiter, Cyril Badertscher se convainc d’aller consulter son médecin. Il s’ensuit une batterie de tests chez différents spécialistes et un diagnostic qui tombe telle une guillotine stoppant net tous projets et rêves: la maladie de Parkinson. Le Vaudois de Gland n’a alors pourtant que 32 ans, et est donc particulièrement jeune pour développer ce trouble du système nerveux qui entraîne raideurs et tremblements, notamment. Ce n’est en effet que bien plus tard, vers les 50 ou 60 ans, que les premiers symptômes de ce mal incurable apparaissent généralement.

«En apprenant la nouvelle, j’ai fondu en larmes. Heureusement mes parents étaient avec moi ce jour-là. Nous en avons ensuite parlé en famille. Cela m’a énormément aidé.»

Cyril Badertscher se montre toutefois pudique au quotidien: «Ma sœur était à cette époque enceinte et je voulais la protéger. Il m’était important de souffrir en silence afin de  soulager les autres.»

Travaillant au magasin «SportXX» de Nyon-La Combe en tant que gestionnaire de vente, le Vaudois  avertit bien évidemment aussitôt  sa hiérarchie. «Ma responsable a été à mon écoute et a fait preuve d’une grande empathie. Elle a très rapidement entrepris toutes les démarches administratives nécessaires afin que mon dossier puisse être pris en charge par l’assurance-invalidité. Avec elle, nous avons aussi cherché à trouver le temps d’occupation et les horaires qui me convenaient le mieux. Je suis ainsi passé d’un travail à plein temps à un 50%. J’ai essayé ensuite, durant quelques mois, de remonter à 70%, mais cela me fatiguait trop. Je travaille aujourd’hui tous les après-midi, et  je ne veux pas faire moins d’heures. Ce ne serait pas bon pour mon moral. J’ai fait un apprentissage à Migros et j’ai toujours travaillé pour Migros. Je ne me vois pas arrêter.»

Avec ses collègues, Cyril Badertscher ne cache pas la vérité, mais ne joue pas les martyrs non plus. «J’essaie de continuer comme si de rien n’était et apprends même à rire de mon état. Il faut que je sois capable d’aller avec cette maladie et non pas contre elle.» Face aux clients, le vendeur adopte  la même attitude. «Les habitués ont remarqué un changement dans ma démarche. Je leur ai alors expliqué ma situation. Avec les autres, je fais mon travail normalement. Et tant pis si je perçois parfois un regard interrogateur, voire moqueur.»

Bien motivé à ne pas se laisser aller, Cyril Badertscher s’est également investi dans les loisirs et a continué à nager au sein de son club, le Global Master AquaNuts, notamment avec Laurent Thévenaz, sergent-chef à la Police cantonale de Genève.

En savoir plus

Suivre Cyril Badertscher dans sa préparation: Défi à la nage avec Parkinson.

«Nous nous entraînions souvent ensemble en bassin. Puis, quand les piscines ont fermé à cause du Covid, nous avons décidé de nager dans le lac. Cela nous a beaucoup rapprochés.» Un jour de juin, après avoir  rejoint la rive, le Genevois propose  à Cyril Badertscher, qui faisait  autrefois beaucoup de compétition  de natation et de triathlon, de  traverser le Léman à la nage. «J’ai dû hésiter une dizaine de secondes avant de dire oui», se souvient le Vaudois aujourd’hui âgé de 34 ans. En dix  minutes, les détails sont définis et  approuvés: il s’agira de relier Nernier (F) à Nyon (VD), soit 5 km, sans  aucun objectif de chronomètre, l’idée étant de se faire plaisir avant tout.  «Je veux aussi mettre ma maladie  en avant pour montrer – et me  prouver – que même si ma vie a changé, je peux continuer à vivre presque normalement.»

Chercher l’oubli dans l’eau

Avant le grand jour, fixé le 9 septembre, Cyril Badertscher s’entraîne en piscine ou dans le lac, selon les conditions météo, à raison de deux  ou trois fois par semaine. À ses côtés, Laurent Thévenaz et un troisième larron, Ludovic Gavillet, qui nageront également dans le Léman pour le soutenir et le motiver.

Serein, voire «euphorique» selon les dires de Laurent Thévenaz, Cyril Badertscher a hâte de se confronter au Léman, même s’il n’a jamais nagé une aussi longue distance. «Je me sens bien dans l’eau. Elle me porte et atténue mes douleurs. Je souffre bien plus en restant assis à ne rien faire sur une chaise.» De plus, le sport permet au corps de produire de la dopamine, un neurotransmetteur qui manque cruellement aux personnes ayant contracté la maladie de Parkinson. D’où la nécessité et l’importance  pour eux de bouger. Pour soulager les maux et les oublier, du moins un instant.

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