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Migros - M comme Meilleur.

Documentaires «L’ìle sans rivages»

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Photos DR

De gauche à droite: Gabriel Lobos, cameraman, Caroline Cuénod, réalisatrice, et Jürg Lempen, preneur de son.

A bord du Diavolezza.

Chantier naval de Nha Trang au Vietnam.

Cale sèche au chantier naval de Nha Trang au Vietnam.

«On constate l’imagination extraordinaire de cette Suisse qui cherche des solutions pour son approvisionnement»

Pour la réalisation de son dernier film «L’ìle sans rivages», traitant de la marine marchande suisse, la Nyonnaise Caroline Cuénod a suivi des cours de suisse allemand à l’Ecole-club Migros.

Texte: Yasmine El-Sanie et Mariana Bellon

D’origine suisse et danoise, la réalisatrice Caroline Cuénod, spécialisée en histoire de la justice pénale, a toujours eu envie de décoder le système et la société. Dans son prochain documentaire «L’île sans rivages», elle met en lumière les dessous de la marine marchande suisse.

Le film fait non seulement découvrir un sujet largement méconnu, mais montre également, grâce aux nombreux interlocuteurs interviewés, la richesse des dialectes suisses alémaniques. Pour les besoins du film, Caroline Cuénod a d’ailleurs pris des cours de suisse allemand à l’Ecole-club Migros. Nous avons eu la chance de la rencontrer pour parler de sa démarche et de la genèse de ce projet.

Comment vous est venue l’idée de documenter ce sujet peu connu du grand public?

Tout a commencé lorsque je suis tombée sur un article concernant le fait que Monaco avait failli devenir un canton suisse pendant la Seconde Guerre Mondiale, ce qui a attisé ma curiosité. De fil en aiguille, pour essayer de comprendre le contexte historique, j’ai appris que la Suisse avait une flotte marchande, qui est encore très importante aujourd’hui. La Suisse est effectivement devenue une nation maritime pendant la Seconde Guerre Mondiale en réaction à une coupure de vivres qui a duré six mois.

Où vous recherches vous ont-elles conduite?

J’ai découvert l’existence de l’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays (OFAE), qui s’occupe de la flotte ainsi que de la gestion des stocks en Suisse pour faire face à l’éventualité d’une fermeture complète des frontières en cas de guerre. Je me suis dit qu’il y avait là un film à faire pour montrer la Suisse comme une île, mais une île sans rivages; avec ce paradoxe de ne pas avoir d’accès à la mer, mais d’être très présente sur les eaux.

L’un des protagonistes de vos recherches se trouve être le fondateur de Migros, Gottlieb Duttweiler. Quel a été son rôle dans l’histoire de la marine suisse?

Gottlieb Duttweiler, très préoccupé par l’approvisionnement et le ravitaillement, a participé à la création d’une des premières compagnies de la marine suisse, fondée en 1941. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a rencontré le Prince de Monaco. Les ports de Gênes et Marseille pouvant être fermés à tout moment, Duttweiler était intéressé par la possibilité d’instaurer un port franc à Monaco pour décharger les marchandises. Le Prince aurait envisagé de céder une partie du port à la Suisse pendant trente ans, mais les négociations n’ont pas abouti. Il n’était pas question pour la Suisse de perdre sa neutralité en liant son sort à celui d’autres pays.

Que voulez-vous apporter comme point de vue avec cette enquête?

Dans mon documentaire, je fais un parallèle entre la Suisse de 1941 et celle d’aujourd’hui, ce qui permet de comprendre que le dispositif de guerre, qui a été mis en place à cette époque pour l’approvisionnement du pays, est toujours appliqué. On constate aussi l’imagination extraordinaire de cette Suisse qui cherche des solutions en s’adressant à Monaco.

Quels témoins avez-vous rencontrés?

Le film suit Jacques Voirol, un marin qui a embarqué sur les premiers bateaux de 1941 et qui a beaucoup filmé ses voyages en super 8, ainsi que Pietro Boschetti, journaliste à la RTS et auteur du livre Les Suisses et les nazis, Le rapport Bergier pour tous (Editions Zoé), qui a plongé dans les archives fédérales pour découvrir les raisons de la création de cette flotte marchande et ce qu’il en advient aujourd’hui. En tant qu’historienne, cela m’intéressait de lier la petite à la grande Histoire; de mélanger l’univers des marins à une enquête de fond qui soit à la fois historique et actuelle.

Pourquoi avez-vous suivi des cours de suisse allemand pour préparer ce documentaire?

En découvrant ce monde maritime suisse, je suis tombée sur différents interlocuteurs suisses allemands: des marins suisses à Bâle et des fonctionnaires à Berne. Comme c’est un film sur la Suisse, il m’a semblé important de le faire avec tous les dialectes que j’avais entendus. A défaut de les parler, il fallait que je les comprenne suffisamment. Même si je me débrouille en allemand et que mon caméraman suisse allemand pouvait servir de traducteur, je me suis souvent retrouvée face à des malentendus. J’ai donc suivi trois mois de cours de suisse allemand à l’Ecole-club Migros. Ils m’ont servi en quelque sorte de décodage et m’ont apporté des clefs de compréhension sans lesquelles j’aurais été freinée.

A l’Ecole-club Migros Genève

L’Ecole-club Migros a constaté récemment un regain d’intérêt pour les cours de suisse allemand et notamment les cours préparant à l’obtention d’un diplôme. Cette année six élèves de Genève ont passé avec succès le diplôme de Schwyzertütsch de la Chambre de commerce et d’industrie de Fribourg. Avoir des bases de suisse allemand permet d’ouvrir des portes et les Genevois sont de plus en plus ouverts à dépasser leurs a priori pour s’initier à cette langue.

Bientôt sur les écrans

Le documentaire de Caroline Cuénod «L’île sans rivages», réalisé en coproduction avec la Radio Télévision Suisse (RTS) et avec les soutiens de Cineforom, de la Ville de Bâle et de la Loterie romande, sortira prochainement  sur le grand et le petit écran. A ne manquer sous aucun prétexte!

Les inscriptions sont ouvertes

Cours de suisse allemand à la rentrée, à l’Ecole-club de Genève Centre:

Débutants: le mardi midi à partir du 12 septembre, le mardi soir à partir du 26 septembre.

Niveau A2: le lundi soir à partir du 28 août, le mercredi midi à partir du 30 août.

Préparation au diplôme: le mercredi soir à partir du 31 janvier 2018.

Plus de renseignements à la réception de l’Ecole-club Migros de Genève-centre – 5, rue du Prince, sur www.ecole-club.ch ou par téléphone au +41 58 568 80 80.

 

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