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Engagement socioculturel Nouvelle galerie au quartier des Bains

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Roland Burkhard devant une œuvre de Boris Gratry, à la galerie Humanit’Art.

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Drissia, jeune Berbère invitée en Suisse.

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Aides médicales, environnementales et hygiéniques dans le village de Tarbat N’Tirsal.

Avec Roland Burkhard, ancien président du comité coopératif de Migros Genève, l’art rejoint l’humanitaire et l’apprentissage des langues a toute son importance.

Texte: Yasmine El-Sanie

Photos: Barbara Fedier, Jean-Pierre Beljean et Roland Burkhard

Depuis novembre 2017, la galerie d’art Humanit’Art a ouvert ses portes dans le quartier des Bains. Ce lieu est relié à l’association Aide-en-Raid qui organise des missions humanitaires pour apporter aide et soutien à des communautés rurales vivant avec très peu de ressources dans des zones difficiles d’accès.

Nous avons eu la chance de rencontrer le fondateur d’Aide-en-Raid et Humanit’art, l’avocat genevois Roland Burkhard, pour nous parler de son engagement humanitaire, de ses aspirations artistiques et… linguistiques

Comment vous est venue l’idée de créer une association humanitaire?

Grâce à l’achat d’un Land Rover. Plus sérieusement, en 2008, je suis parti avec une organisation en Roumanie pour un raid à but humanitaire. Nous allions amener du matériel au village de Gura Solcii. Une fois arrivés sur place, j’ai vu que les autres repartaient rapidement après avoir déposé leurs sacs. Moi, j’avais rempli mon véhicule de matériel qu’il fallait décharger et j’avais envie de rester un moment, de rencontrer les gens du village. Suite à cette expérience, j’ai créé mon association en 2009, avec des amis bénévoles, également propriétaires de Land Rover. Et dès l’année suivante, nous sommes allés dans l’Atlas marocain. Les gens sont tellement accueillants, nous avons échangé les adresses et, depuis, nous repartons chaque année en Roumanie et/ou au Maroc.

Votre association Aide-en-Raid organise le transport de matériel éducatif, médical, sportif et culturel, en plus de la distribution de vêtements et de chaussures. Quels autres projets avez-vous mis en œuvre?

L’association a financé un douar près d’Ifrane à 1700 m d’altitude (Maroc) pour creuser un puits et installer une pompe électrique, des sanitaires et des douches; de même chez une famille à Gura Solcii (Roumanie). Depuis 2015, Aide-en Raid soutient notamment le projet de scolariser à Genève une jeune berbère, Drissia, qui devait faire dix kilomètres pour aller de son douar (près d’Ifrane) à l’école. Ses parents voulaient qu’elle puisse étudier, pour éviter d’être mariée à 15 ans. De langue maternelle amazigh, elle était quasi illettrée en arabe et ne savait pas compter.

Comment vous êtes-vous organisés?

Sa famille nous l’a confiée et nous l’hébergeons chez nous, à titre gratuit, depuis son arrivée en Suisse. Aujourd’hui, à 14 ans, elle parle couramment le français, commence l’anglais, se débrouille bien en arabe et maîtrise les quatre opérations. Elle a aussi appris à nager, à faire du ski et à patiner.

Depuis peu, vous avez ouvert Humanit’Art. Quel est le lien entre cette galerie et votre association?

Humanit’Art se veut d’une part une plateforme de rencontres et d’échanges entre artistes et amateurs d’art, sous forme d’expositions et d’ateliers; d’autre part, les bénéfices récoltés, lors d’événements artistiques et culturels, permettront de continuer à soutenir les raids humanitaires de l’association. Les futurs projets étant de creuser des puits, installer des pompes à eau solaires et des kits solaires chez les gens qui n’ont pas d’électricité. Notre action continuera aussi d’être focalisée sur des aides médicales, environnementales et hygiéniques dans le village de Tarbat N’Tirsal notamment.

Pour quelles raisons avez-vous choisi l’artiste Boris Gratry pour inaugurer Humanit’Art (exposition jusqu’au 30 décembre)?

J’ai trouvé que les œuvres de Boris Gratry représentaient bien Humanit’Art, car il part d’éléments recyclés pour créer des œuvres d’art. Il récupère la tôle d’acier de capots de voitures abandonnées qu’il brûle puis refroidit violemment. Sur cette matière calcinée devenue rouille, il effectue ensuite un travail de dorure avec des feuilles d’or de 24 carats. Dans les raids humanitaires, la voiture est un élément essentiel pour accéder aux zones isolées; par ailleurs, elle symbolise notre société de consommation et, avec elle, la mauvaise gestion des déchets.

Récemment, vous avez pris des cours de suisse-allemand à l’Ecole-club Migros Genève et vous avez même passé le diplôme de suisse-allemand de la Chambre d’Industrie et de Commerce de Fribourg. Pourquoi?

Par plaisir, pour avoir une ouverture sur mon pays, découvrir une autre façon de penser, mais aussi pour retrouver mes racines. La famille du côté de mon père est originaire du canton de Berne. Quand j’allais rendre visite à mes grands-parents, ils parlaient suisse-allemand et je me suis fait l’oreille. Ce qui a été déterminant, ce sont les retrouvailles avec un ami, originaire de Berne, qui emploie souvent des mots suisse-allemand très amusants. Je me rendais aussi plus fréquemment à Berne dans le cadre d’activités culturelles comme le Carnaval. Puis je suis tombé sur une annonce de cours de suisse-allemand à l’Ecole-club. Une fois inscrit, j’y ai suivi les cours avec assiduité durant trois ans et quand il y a eu la possibilité d’obtenir un diplôme, je me suis lancé. Il faut dire que nous étions une bonne équipe avec notre super prof, Anne Zingre. Grâce aux cours, j’ai découvert Pedro Lenz et Mani Matter. Aujourd’hui, si j’en ai l’occasion, je préfère tenir une conversation en Schwyzertütsch plutôt qu’en allemand ou en français.

 

Cours de suisse-allemand à l’Ecole-club de Genève Centre:

Débutants: lundi soir dès le 22.01.2018 et vendredi midi dès le 19.01.2018

Niveau A1: mardi midi dès le 16.01.2018

Niveau A2: mercredi midi dès le 10.01.2018

Diplôme de suisse-allemand: mercredi soir dès le 31.01.2018

Plus de renseignements auprès de la réception de l’Ecole-club Migros de Genève-centre – 5, rue du Prince, sur www.ecole-club.ch ou par téléphone au +41 58 568 80 80.

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